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OPL, Symphonie Leningrad, Gunther Herbig

lundi 17 mars 2008 par Richard Letawe


Après un programme tout Haydn la semaine précédente, Gunther Herbig dirigeait ce soir à Liège avec la Symphonie Leningrad une œuvre plus spectaculaire et plus grand public. La grande foule était donc à la Salle Philharmonique pour venir entendre le maître.

A l’instar de Haydn, Gunther Herbig a largement enregistré Chostakovitch. Mais, alors que ses enregistrements des symphonies de Haydn datent de sa carrière est-allemande des années septante et quatre-vingt (Londoniennes avec la Dresdner Philharmonie, 6-7-8 avec la Staatskapelle Berlin), les symphonies de Chostakovitch sont des ajouts plus récents à sa discographie, enregistrées en concert avec l’Orchestre de la Radio Sarroise au début des années 2000 (Symphonies 4-7-8-10 chez Berlin Classics comme Haydn).

Dans Chostakovitch comme dans Haydn la semaine précédente, la direction de Herbig conserve les mêmes caractéristiques et les mêmes mérites. Le chef cherche avant tout à exposer l’œuvre dans la lumière, en en montrant tous les détails, en en préservant les équilibres internes, mettant soigneusement chaque pupitre en valeur. On peut attendre interprétation plus dramatique ou plus viscérale, mais rarement on entend une telle qualité son dans cette œuvre : les cataclysmes et les furieuses mêlées que contient la partition sont rendus avec toute la puissance nécessaire, mais surtout avec une sonorité extrêmement riche, nourrie et aérée, sans brutalité et sans scorie. Herbig maîtrise parfaitement l’acoustique délicate de la Salle Philharmonique, très fine, mais qui ne se prête pas facilement aux déchaînements d’orchestres en formation étendue. Avec lui, pas de saturation, pas d’assourdissement, mais un son clair, minutieusement dosé, qui n’agresse pas l’oreille, sans en diminuer l’impact pour autant. Allante et fluide, la direction de Herbig évite le statisme, n’occulte pas la violence et les souffrances de la partition, mais reste parfois un peu sur son quant-à-soi, dans les grands élans poignants du troisième mouvement par exemple, dont il évacue un peu trop vite le pathos. Dans le reste, par contre, Herbig est manifestement très inspiré, et si sa lecture ne se distingue pas par son originalité ou par de fortes options personnelles, mais par sa lisibilité et par sa très grande perfection formelle, culminant dans des coda d’une netteté exceptionnelle.

L’OPL semble subjugué par la battue simple et sans affectation du chef, qui ne cherche pas à jouer les démiurges. L’orchestre fait preuve de son engagement coutumier, et étonne encore l’auditeur par la qualité de ses pupitres, et par leur endurance. A part deux ou trois dérapages franchement mineurs, quelques instants de fatigue passagère, l’orchestre réalise une prestation exemplaire d’élan et de splendeur sonore. Parmi les pupitres, hautbois et flûtes sont de purs joyaux, mais tous les autres sont également à saluer.

Chef et orchestre, le premier également respectueusement applaudi par les musiciens unanimes, reçoivent une très longue ovation, de celles que le public a réservés à quelques concerts qui nous restent encore en mémoire : pour la Troisième de Mahler dirigée par Louis Langrée fin 2005, ou bien encore pour la Neuvième de Beethoven en juin 2006, dernier concert de Langrée en tant que directeur musical de la formation liégeoise. Gageons que Gunther Herbig reviendra bientôt à Liège pour nous donner des concerts de la même trempe.

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- Liège
- Salle Philharmonique
- 07 mars 2008
- Dmitri Chostakovitch (1906-1975), Symphonie n°7 en Ut majeur « Leningrad »
- Orchestre Philharmonique de Liège
- Gunther Herbig, direction






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