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Nikolai Lugansky invité de l’OSR

mercredi 23 janvier 2008 par Fernand Bretton
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Nikolai Lugansky
DR

Avant de partir en Grande Bretagne (du 24 au 27 janvier à Newcastle,
Manchester, Birmingham et Londres), l’Orchestre de la Suisse Romande et son chef,
Marek Janowski, ont offert au public genevois la majeure partie des deux programmes prévus pour cette tournée.

Si le « soyeux" des cordes, dans les premières mesures pianissimo de l’ouverture du Freischütz, n’était pas complètement au rendez-vous, cette impression mitigée a bien vite été balayée, et l’orchestre a su trouver les couleurs tantôt nostalgiques du "bien" incarné par Agathe et dans une moindre mesure, par son fiancé Max, tantôt sombre du "mal", représenté par Caspar et Samiel, sous la direction ardente de Marek Janowski, à qui, rappelons-le, nous devons un excellent enregistrement du rare Euryanthe du même Weber. Les cors, très à découvert dans cette ouverture, ont été admirables de poésie, mais il serait injuste de ne pas citer aussi toutes les interventions solistes des flûtes, clarinettes et bassons.

Le concerto n°21 de Mozart fait partie, quant à sa période de composition, de la trilogie des concertos 20 à 22, plus ou moins contemporains des Noces de Figaro. Si le n°20, se situe dans le droit fil du "Sturm und Drang", mouvement esthétique précurseur du romantisme, le n°21 avec sa tonalité rayonnante d’ut majeur est l’un des plus enjoué des concertos pour piano mozartiens.
Nicolaï Lugansky, n’est pas connu, en tout cas dans ses enregistrements, comme interprète de Mozart (bien qu’il ait enregistré en 1998, pour le label Vanguard, les concertos n°19 et 20, avec le Nederlands Radiokamerorkest dirigé par Lev
Markiz). Mais son jeu perlé, d’une fluidité qui ne cède rien à la précision, a bien vite conquis le public dans ce concerto où chaque note semblait une goutte de rosée accrochée au paysage campagnard sous le lever du soleil, écrin que lui tissait un accompagnement orchestral d’une subtile fraîcheur... L’OSR n’est pas un orchestre de chambre, mais pour l’occasion, en osmose avec son chef, il est devenu l’un des plus fins que l’on puisse entendre ! Janowski et Lugansky se révèlent en plein accord pour des mouvements extrêmes d’une joyeuse alacrité, encadrant un des adagios les plus sublimes de Mozart.

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Marek Janowski
DR

Marek Janowski est assurément un grand chef. Son interprétation de la Fantastique le confirme sans peine, maintenant du début à la fin une tension qui ne faiblit pas et reste sous-jacente dans les passages élégiaques.
Le bal n’est pas celui "des débutantes" !... Pas d’hésitation ou de lenteur langoureuse pour assurer les pas, on imagine plutôt les effets euphorisant voire entreprenants d’une bonne coupe de champagne !
Dans La Scène aux champs, le cor anglais et le hautbois rivalisent de charme pour distiller ce thème célèbre du Ranz des vaches, pas du tout dépaysé à Genève, puisqu’il s’agit d’une vieille mélodie folklorique suisse, d’origine incertaine, mais très en vogue à l’époque romantique (employée entre autre par Haydn dans La Création, par Beethoven dans La Pastorale, par Rossini dans Guillaume Tell, évidemment, et par Liszt dans les années de pèlerinage.
La Marche au supplice et le Songe d’une nuit de Sabbat sont les point culminants de la vision tendue et fiévreuse de Marek Janowski, sans atteindre toutefois la vision hallucinée, et diversement accueillie, que le chef argentin Carlos Païta avait enregistrée dans les années 1970.

L’ovation du public du Victoria Hall a logiquement remercié les musiciens pour ce magnifique Concert.

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- Genève
- Victoria Hall
- 21 janvier 2008
- Carl Maria Von Weber (1786-1826), Ouverture Der Freischütz ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) , Concerto pour piano en Ut majeur KV467 ; Hector Berlioz (1803-1869) ; Symphonie fantastique Op.14
- Nikolai Lugansky, piano
- Orchestre de la Suisse Romande
- Marek Janowski, direction






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