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Luxembourg

New York Philharmonic Acte II

Philharmonie
vendredi 16 novembre 2007 par Richard Letawe

Le New York Philharmonic donnait ce soir à Luxembourg, en conclusion à sa tournée européenne, son 14.458e concert depuis sa création.

La foule semble encore plus importante que la veille, de nombreux auditeurs doivent rester debout, et nous sommes quant à nous placés sur les côtés, de trois quarts arrière par rapport aux musiciens. Ce n’est pas la meilleure position d’un point de vue acoustique, car le son des cordes graves nous parvient avec un infime retard, et percussions et trombones ont tendance à saturer l’audition, mais cela nous permet d’admirer de face le Maestro Lorin Maazel, dont les plus infimes mouvements de doigts se traduisent directement dans le jeu d’un orchestre subjugué.

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Lorin Maazel
©2007 Lorin Maazel

Le concert débute directement par sa pièce de résistance, qui comme le soir précédent est une œuvre de Brahms, cette fois sa Symphonie n°1. Lorin Maazel la dirige « à l’ancienne », en adoptant des tempi très larges, et en usant du rubato avec un art consommé. Le premier mouvement est ouvert par une introduction lente et cérémonieuse, mais sans lourdeur, suivie par un allegro puissant, carré et bien construit, mais pas toujours assez tendu. C’est dans les deux mouvements suivants Andante sostenu au sentimentalisme assumé, et Un poco Allegretto e grazioso d’humeur vagabonde, que Maazel et son imposant orchestre donnent le meilleur d’eux-mêmes. Les phrasés sont souples et caressants, les cordes chaleureuses et légères, et les vents sont de toute beauté. Le finale de la symphonie retombe ensuite un peu dans l’exhibition musculeuse, mais la relative lourdeur fait place à un sentiment de plénitude face à ce jeu puissant et sans complexe, qui n’hésite pas à lâcher les décibels. Après cette belle symphonie de Brahms, vient une exécution capiteuse de la Rhapsodie espagnole de Maurice Ravel, dont Lorin Maazel exalte les couleurs et la sensualité. Chef et orchestre atteignent des sommets de virtuosité, et produisent une somptueuse orgie sonore. Cependant, ce son trop riche, cette interprétation un peu trop satisfaite, ne sont pas ce qu’on attend dans Ravel, qui nécessiterait une sonorité moins épaisse, plus tranchante, et un rebond rythmique plus franc.

La meilleure partie du concert se situe à la fin, avec la Seconde Suite de l’Oiseau de Feu d’Igor Stravinsky. Lorin Maazel en donne une lecture colorée, et spectaculaire, à la mise en place stupéfiante, recherchant un son profond et riche, dans des tempi plutôt modérés. Le New York Philharmonic, en totale fusion avec son chef, fait la preuve de sa virtuosité et de sa puissance, créant un véritable feu d’artifices sonore. Ovationnés par une salle debout, les musiciens américains, en grands professionnels, sont prodigues en bis, sans être toujours de bon goût : deux danses hongroises de Brahms d’un kitsch sirupeux, et une Farandole de l’Arlésienne martelée, d’une lourdeur pachydermique, mais ces petites miettes de concert ne sauraient occulter les vrais grands et beaux moments que le New York Philharmonic et son chef nus auront donnés au cours de ces deux soirées qu’ils sont venus passer dans le Grand Duché, avec d’éblouissants Concerto pour orchestre de Bartok et Oiseau de Feu de Stravinsky.

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- Luxembourg
- Philharmonie
- 18 mai 2007
- Johannes Brahms (1833-1897), Symphonie n°1 en ut mineur Op.68
- Maurice Ravel (1875-1937), Rhapsodie espagnole
- Igor Stravinsky (1882-1971), l’Oiseau de Feu Seconde Suite
- New York Philharmonic
- Lorin Maazel, direction











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