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Luxembourg

New York Philharmonic Acte I

Philharmonie
vendredi 16 novembre 2007 par Richard Letawe

Le New York Philharmonic était ce mois de mai en tournée européenne sous la direction de son chef Lorin Maazel. La dernière étape du voyage les conduisait à Luxembourg pour deux concerts qui ont attiré la toute grande foule à la Philharmonie.

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Lorin Maazel
DR

Le premier concert débute par l’Ouverture Leonore III de Beethoven. Dès cette ouverture, Lorin Maazel fait admirer sa technique de direction hors du commun. La battue semble parfois un peu nonchalante, les gestes ont peu d’amplitude, et sont peu spectaculaires, mais le contrôle sur l’orchestre, qu’il anime d’un simple mouvement des doigts, est fabuleux. Cette prodigieuse technique est bien connue, légendaire même, mais il est toujours extrêmement instructif de la voir à l’œuvre, car Maazel est bien le seul chef au monde à donner l’impression que la musique provient de son estrade, et que s’il restait immobile, aucun son ne sortirait de l’orchestre. Grand chef, Maazel est cependant un musicien qui manque parfois d’idées, et qui ce complait dans l’exhibition de ses talents. Ainsi, cette Leonore III est jouée comme une pièce de démonstration, dans une version très fouillée et lisible mais peu exaltante, et dont l’urgence dramatique et l’élan sont absents d’un Allegro patelin et confortable. Rien à redire par contre sur le presto conclusif, emmené triomphalement, avec énergie et précision.

La deuxième œuvre du programme permet d’entendre deux des solistes de l’orchestre : Glen Dicterow, concertmaster depuis 1980, et Carter Brey, premier violoncelliste. Ils jouent un concerto pour violon, violoncelle et orchestre de Brahms qui laisse des impressions mitigées, essentiellement dans le premier mouvement, que le violoncelliste attaque avec un solo très démonstratif, aux intentions trop appuyées, et au sentimentalisme sirupeux. Son compère violoniste est plus sobre, mais sa sonorité est étriquée, et le duo est timide, régulièrement mangé par un orchestre puissant, mais qui ne joue pourtant pas spécialement fort. L’andante n’est pas de la même eau, les solistes sont plus inspirés, ils jouent avec simplicité et beaucoup de cœur, à un tempo assez allant, et font vivre ce beau mouvement fraternel et chaleureux de façon naturelle et convaincante. Ils poursuivent sur leur lancée dans le finale, lancé tambour battant, léger et virtuose, mais ne tiennent pas tout à fait la distance. La fatigue se fait sentir, le son perd de sa puissance, et le mouvement se termine dans une légère confusion. Cette baisse de régime est compréhensible : nous sommes au 13e concert de la tournée, le Double concerto a été joué plusieurs fois, et nos solistes tiennent en plus leur poste dans l’orchestre. Soumis à ce rythme, il est logique que ces valeureux musiciens aient de temps à autre une petite baisse de régime, et ils s’en sortent finalement avec les honneurs.

Le concert se termine avec le Concerto pour orchestre de Bartok, une pièce dont les orchestres américains ont fait leur cheval de bataille. Maazel et ses musiciens en donnent une exécution roborative et séduisante, aux couleurs vives et aux sonorités amples et chaleureuses. Les solistes de l’orchestre s’y couvrent de gloire : clarinettiste, cor anglais, flûte y sont remarquables, de même qu’un ensemble de cuivres particulièrement riche et sonore.
Au long de ce concert, le New York Philharmonic impressionne par sa discipline et par son aisance. Les sonorités ne sont pas les plus belles du monde (des cordes assez âcres et sèches), mais la virtuosité collective de l’orchestre, son énergie et sa puissance, son assurance mâle, sont difficiles à surpasser.

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- Luxembourg
- Philharmonie
- 17 mai 2007
- Ludwig Van Beethoven (1770-1827), Leonore III Ouverture Op.72a
- Johannes Brahms (1833-1897), Concerto pour violon, violoncelle et orchestre en si mineur Op.102
- Bela Bartok (1881-1945), Concerto pour orchestre
- Glen Dicterow, violon ; Carter Bray, violoncelle
- New York Philharmonic
- Lorin Maazel, direction






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