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Naissance du Printemps Musical de l’Escaut

mercredi 27 avril 2011 par Richard Letawe

La vie musicale du Nord-Pas-de-Calais s’est enrichie au mois de mars dernier d’un nouveau rendez-vous avec la création du Printemps musical de l’Escaut à Valenciennes. Le festival est dirigé conjointement par le pianiste Jean-Michel Dayez, dont la carrière de concertiste est inexplicablement trop discrète au vu de son talent, et par Bernard Gomez, véritable Monsieur musique de chambre de la région, qui est déjà fortement impliqué dans la tenue du festival Quatuors en liberté de Villeneuve d’Ascq et dans la saison de Chambre à Part à Lille.

Avec des artistes tels que Olivier Charlier, Raphaël Chrétien, Jérôme Pernoo, Jérôme Ducros, le Quatuor Tercea, ou des jeunes comme le Trio Metral, le Printemps musical de l’Escaut affiche déjà pour cette première édition un très beau plateau, qui n’a cependant pas attiré beaucoup de public, la faute certainement à un lancement un peu tardif et à une communication limitée, car il y a pourtant bien un public dans le Valenciennois pour la musique de chambre, le Quatuor Modigliani ayant par exemple joué l’année passée dans une grande salle du Phénix presque comble.

Notre collègue Carlos Tinoco ayant déjà précédemment célébré le talent des Tercea, mais n’ayant jamais eu encore personnellement le plaisir de les entendre, nous avions évidemment pointé leur concert dans notre agenda. Elles offraient ce samedi dans la belle église saint Géry un programme exigeant, Quatuor Rosamonde de Schubert et Quatuor de Debussy, et une surprise au niveau de la formation, car Pauline Buet, violoncelliste fondatrice de l’ensemble a décidé de la quitter. Le Quatuor est donc à la recherche d’un nouveau violoncelle, et testait ce soir pour la première fois Clara Zaoui.

Ce changement d’équipe ne s’est presque pas entendu, et pour être honnête, nous ne nous en sommes aperçu qu’à la pause, tant l’entente entre Clara Zaoui et ses partenaires semblait déjà profonde et naturelle, l’ensemble avançant dans les partitions avec sûreté, dans une communauté d’intentions évidente.

Ceci étant posé, l’exécution du Quatuor Rosamonde par ces Tercea new look n’était pas sans poser de questions, essentiellement à cause d’un premier mouvement abordé avec beaucoup de sensibilité et de sobriété, mais qui souffre d’un sérieux manque d’ampleur et de relief. La primarius Claire Bucelle, à l’intonation un peu hésitante, fait entendre un chant étriqué, aux accents trop discrets et aux contrastes trop feutrés, évacuant la dimension dramatique de ce mouvement qui paraît ici fragile et un peu inconsistant. Il n’en va pas de même pour l’Andante, qui a la légèreté et la délicatesse d’un lied, déployant un lyrisme discret et prégnant, dans lequel on peut seulement regretter des sonorités un peu sèches. En revanche, les deux derniers mouvements sont au-delà de toute critique : les phrasés nonchalants du gracieux Minuetto sont dosés avec la plus extrême finesse, alors que le visage tragique du finale n’est pas occulté par l’apparent optimisme de son début.

Dans le Quatuor de Debussy, très virulent, au souffle presque romantique, les Tercea offrent un visage plus affirmé. Toute interrogation technique est ici abolie au profit d’une maîtrise instrumentale confondante, qui permet un superbe jeu de nuances et des dosages dynamiques d’un extrême raffinement. L’équilibre de la formation est très abouti, toutes les voix portent avec une égale intensité et offrent une même qualité de timbre, et une véritable force commune se dégage d’un premier mouvement qui rayonne avec beaucoup de chaleur. Tout aussi convaincants, les mouvements suivants apportent la confirmation que le Quatuor Tercea chante ici dans son répertoire de prédilection : la richesse gourmande des pizzicati du Scherzo, le lyrisme raffiné de l’Andantino, puis l’énergie du mouvement final sont à chaque fois servis au plus haut niveau par la cohésion sans faille de cette formation aux sonorités épanouies.

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- Valenciennes
- Eglise saint Géry
- 26 mars 2011
- Franz Schubert (1797-1828), quatuor n°13 en la mineur D804 « Rosamonde »
- Claude Debussy (1862-1918), Quauor en sol mineur Op.10
- Quatuor Tercea : Claire Bucelle, Anne Camillon, violon ; Céline Tison, alto ; Clara Zaoui, violoncelle











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