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Musiques festives à la Cour de Louis XIV par la Simphonie du Marais

lundi 20 juillet 2009 par Fernand Bretton

La vie de Louis XIV était rythmée en permanence par la musique, journellement, et à chaque occasion plus ou moins importante. Il disposait pour assurer son service musical de trois groupes d’instrumentistes et chanteurs : la Chapelle, la Chambre, et la Grande Ecurie. C’est principalement cette dernière catégorie que la Simphonie du Marais va exploiter ce soir pour ce concert du Festival Musique et Nature en Bauges, dans un programme composé de marches et de divertissements composés à l’occasion du mariage du roi, de pièces écrites pour ponctuer ses différentes activités de guerre, de chasse, de carrousel, ou encore pour son lever, son dîner ou son coucher.

Lully est évidemment tout désigné pour illustrer un tel programme, mais il n’est pas le seul, et parmi les compositeurs ayant une certaine audience à la cour, Hugo Reyne choisit pour son programme un certain André Philidor, dont le nom est resté nettement moins familier que celui de Lully.. De plus, lorsque l’on parle de Philidor il est nécessaire de préciser le prénom tant cette famille a engendré de musiciens ayant laissé une trace dans l’histoire de la musique de cette époque [1]. Famille qui s’appelait au départ « Danican », un patronyme que l’on trouve quelques fois accolé au nom de Philidor. La légende (peut être exacte !) attribue indirectement à Louis XIII ce changement de nom . Louis XIII , écoutant le hautboïste Michel Danican se serait enthousiasmé en disant : « Voilà Filidori retrouvé ! » [2].

Quatre hautbois et taille de hautbois, fifre, flûte, basson, trois trompettes, deux cors, timbales, tambour, tambour basque, castagnettes gongs et xylophone sont tenus par les neuf instrumentistes, au long d’un programme haut en couleurs, commenté par Hugo Reyne, qui manie l’humour aussi bien que le fifre, la flûte ou le hautbois !

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Pour commencer, l’ensemble nous gratifie d’une marche savoyarde composée par Lully, pour laquelle Hugo Reyne demande au public (au moins les savoyards !) de se lever !...Tous s’exécutent dans la bonne humeur. Les instrumentistes font montre aussi de belles qualités pour imiter qui un canard de marais et autres oiseaux dans les plaisirs de l’île enchantée, qui un sanglier dans la partie de chasse...

On découvre ensuite que la célèbre « Marche des rois » de l’Arlésienne de Bizet avait pour origine une chanson de l’époque, « La Marche de Turenne », dans laquelle Hugo Reyne, accompagné par les hautbois, tente de démarrer une carrière de chanteur...nettement plus lucrative !!

Quelques pauses dans ces divertissements invitent le public à se recueillir au son des marches funèbres pour Mme la Dauphine, et pour les funérailles de la Reine, tout comme le « Sommeil d’Atys » (une des plus belle page de l’opéra) pour illustrer le coucher du roi.

Pour terminer ce programme, souvent truculent, savoureux, drôle, et toujours impeccablement joué, dans la conviction et une grande sensibilité, où l’ambiance chaleureuse créée par Hugo Reyne rivalisait avec la chaleur des lieux après une journée un peu caniculaire, la fanfare d’entrée du Te Deum était toute indiquée... nous rappelant la fragilité de la condition humaine : c’est en dirigeant ce Te Deum que Lully se donna malencontreusement un coup de canne, certainement plein d’ardeur, sur le petit doigt de pied ; la blessure qui s’ensuivit provoqua la gangrène et la mort du compositeur quelques mois plus tard...L’histoire ne dit pas si c’est suite à cet accident que les chefs d’orchestre ont adopté une baguette, nettement moins dangereuse et bruyante pour diriger (bien que certains chefs se soient parfois blessé un oeil par un mouvement un peu intempestif et désordonné !).

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- Musique Festives à la cour du Roi Soleil : Musiques de Jean-Baptiste Lully (1632-1687) et de André Philidor (1652 - 1730)
- La Simphonie du Marais
- Hugo Reyne, direction

[1] Le « Bordas » de la musique n’en cite pas moins de 12 entre 1620 et environ 1795)

[2] Filidori avait été un célèbre hautboïste italien qui avait impressionné le roi !











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