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Musique de chambre à l’OPL : le Trio Wanderer

mardi 13 avril 2010 par Richard Letawe
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Trio Wanderer
© Marco Borggreve

L’Orchestre Philharmonique de Liège est le propre producteur de ses concerts, et est le gérant de la Salle philharmonique. Il y propose donc outre ses propres prestations des séries de musique baroque, de musique de chambre et de récitals.

Dans le cycle de musique de chambre, le Trio Wanderer était programmé ce samedi dans le Trio « Dumky » de Dvorak, et était rejoint ensuite en deuxième partie par deux membres de l’OPL, l’altiste Ning Shi et la contrebassiste Hristina Fartchanova pour jouer « la Truite » de Schubert.

Le concert débute donc par le Trio « Dumy » de Dvorak, dont les Wanderer donnent une lecture assez singulière, au caractère grave et sombre, qui s’attache à la structure de l’œuvre plus qu’à sa veine populaire ou à ses séductions mélodiques. Une vision de haute portée, très solennelle, peut-être en écho au cadre universitaire de sa création, mais qui manque parfois de fantaisie et de fièvre. C’est le cas essentiellement dans les deux premières « dumkas », magnifiquement exposées, d’un équilibre parfait, mais qui semblent un peu trop austères, et mériteraient un visage un peu plus enjoué, une plus grande liberté rythmique, certaines envolées manquant un peu de rayonnement dans la première, et la seconde étant un peu trop uniment tragique.

Par la suite, on se laisse progressivement convaincre par le traitement dépouillé que donnent les Wanderer au trio, qui aboutit à une troisième dumka d’une parfaite maîtrise, profondément respirée, à la concentration admirable dans les premières mesures, et dont la suite est illuminée par un chaleureux lyrisme. Les trois dernières « dumkas » sont tout aussi belles, et même si la dernière par exemple pourrait brûler d’une flamme plus ardente, et ne souffrirait pas de phrasés un peu plus soutenus et plus risqués, l’équilibre, la distinction et l’élégance dont font preuve les Wanderer à chaque mesure sont précieux.

Du point de vue instrumental, la cohésion et l’entente du trio sont parfaits. On note cependant quelques hésitations et quelques intonations douteuse de la part du violoniste Jean-Marc Phillips-Varjabedian dans les deux premiers mouvements, comme par hasard ceux qui nous ont semblé les moins aboutis, mais il reprend la bonne route dès la troisième « dumka », où il s’illustre par des envolées royales. Les deux autres membres du trio sont irréprochables de bout en bout : Vincent Coq toujours formidable animateur au clavier, et le lumineux violoncelle de Raphaël Pidoux, au jeu racé et percutant, dont chaque intervention est marquée du sceau de l’intelligence et de la pureté expressive.

En seconde partie, les Wanderer reviennent sur scène en compagnie de deux chefs de pupitre de l’OPL, Ning Shi et Hristina Fartchanova, et nous donnent encore une version inattendue de la Truite de Schubert. Le caractère viennois, dansant et spontané, y est bien rendu, plus que le caractère slave du trio de Dvorak d’ailleurs, mais cette lecture est plus sérieuse et nostalgique qu’à l’accoutumé, atteignant par exemple dans l’andante ou dans la quatrième variation du quatrième mouvement une gravité et un tragique imprévus. Les mouvements enjoués sont constamment traités avec esprit et bonhomie, mais l’énergie qu’y mettent les musiciens, dans un scherzo mené tambour battant, ou dans un finale aux accents parfois rageurs, semble toujours contenir la menace de troubles futurs. Une prestation magistrale, de la part des Wanderer, mais aussi des deux instrumentistes de l’orchestre, aux rôles plus effaces, mais qui savent pourtant donner du relief à leurs interventions.

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- Liège
- Salle Philharmonique
- 27 mars 2010
- Antonin Dvorak (1841-1904), Trio n°4 en mi mineur « Dumky » Op.90
- Franz Schubert (1790-1828), Quintette pour piano et cordes en La majeur « La Truite » Op.114 D667
- Ning Shi, alto
- Hristina Fartchanova, contrebasse
- Trio Wanderer : Vincent Coq, piano ; Jean-Marc Phillips-Varjabedian, violon ; Raphaël Pidoux, violon






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