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Musica fête Messiaen

mercredi 1er octobre 2008 par Bertrand Balmitgère

Musica fête l’anniversaire d’Olivier Messiaen en programmant une grande œuvre de ce compositeur qui se définissait lui-même comme « ornithologue et rythmicien ».

L’effectif retenu : chœur mixte de cent chanteurs, très grand orchestre de dix-huit bois, dix-sept cuivres, un quintette à cordes, six percussionnistes et un petit ensemble de sept solistes (flûte, clarinette, xylorimba, vibraphone, grand marimba, violoncelle et piano) fait que La Transfiguration de notre Seigneur Jésus-Christ d’Olivier Messiaen n’est pas souvent exécutée. La transfiguration du Christ y est évoquée à travers des textes latins issus des Ancien et Nouveau Testament, du Missel et de la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin. L’œuvre se partage en deux groupes de sept pièces ou septénaires. Chaque septénaire, longs respectivement de 37 et 63 minutes environ, se compose alternativement de deux récits évangéliques et de deux méditations et se termine par un choral.

Le premier septénaire est une méditation sur la lumière que portait le Christ et que portera aussi l’homme à la résurrection, sur la lumière de la foudre. « La lumière éternelle est splendeur, miroir sans tache et image de sa bonté ». Le deuxième septénaire médite d’abord sur la filiation : le baptême puis la résurrection sont à l’image de la filiation du Fils de Dieu. Chaque homme est un enfant adoptif, héritier du royaume du Christ. La transfiguration, lieu terrible, mène cependant à « ce qui est en haut » : la montagne, l’éternité, le Père, l’Esprit. La Gloire finale est celle de la montagne de la transfiguration, du Saint Sacrement et de l’éternité. Le premier septénaire, fini pianissimo, prophétise ce que réalise le second, le plus long à cause des deux pièces les plus développées, celle de la filiation et celle de l’apparition de la Trinité.

Chaque récit évangélique commence par des percussions qui rythment fortement l’œuvre et qui se font écho entre la partie droite et la partie gauche du plateau. Chaque méditation fait intervenir des oiseaux dont le chant est tantôt confié à un instrument soliste, tantôt à un ensemble d’instrumentistes : les oiseaux sous l’espèce des instruments se répondent en dialogue, repris ensuite par les chœurs qui chantent bouche fermée, en évoquant des couleurs, aussi chères à Messiaen que les oiseaux. C’est selon les moments une qualité d’atmosphère qui change par le nombre des instruments, par la vivacité ou la lenteur, par la simplicité ou l’enchevêtrement des voix. Des moments intenses finissent suspendus et sont repris doucement pour se soulever dans une ferveur montante. C’est en cela que le deuxième septénaire respire encore plus largement que le premier : non seulement parce qu’il est plus long, mais aussi parce que ses contrastes sont plus marqués. L’auditeur est peu à peu mené à travers le mystère pour participer à la gloire finale, presque à son corps défendant. Dans certaines interprétations, l’auditeur est face à des pièces juxtaposées dont l’unité lui échappe.

Lors de ce concert, cette musique a gagné le dynamisme qui lui donne tout son sens et qui la fait avancer à chaque moment vers son but : la gloire, quand à la fois le chœur et l’orchestre retentissent dans toute leur puissance. Si Olivier Messiaen a écrit une musique qui doit purifier et élever l’homme qui l’écoute, Reinbert de Leeuw a ce soir-là réalisé la purification, mené l’auditeur à s’élever en soi-même, en rassemblant les différentes pièces en une unité, avec un art dont chaque auditeur bienveillant se souviendra longtemps.

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- Strasbourg
- Palais de la Musique et des Congrès
- 21 septembre 2008
- Olivier Messiaen (1908-1992), La Transfiguration de notre Seigneur Jésus-Christ (1965-1969) pour chœur mixte, 7 solistes instrumentaux et très grand orchestre
- piano : Gerard Bouwhuis - flûte : Carla Meijers - clarinette : Harmen de Boer - violoncelle : Arturo Muruzabal - marimba : Hans Zonderop - xylomarimba : Henk de Vlieger - vibraphone : Esther Doornink
- Groot Omroepkoor/ Grand Chœur de la Radio Néerlandaise
- Vlaams Radiokoor/ Chœur de la Radio Flamande
- Radio Filharmonisch Orkest/ Orchestre Philharmonique de la Radio des Pays-Bas
- Reinbert de Leeuw, direction






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