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Münchner Opernfestspiele 2009 : Nabucco

mercredi 5 août 2009 par Richard Letawe
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© Wilfried Hösl

Au lendemain d’un Macbeth plutôt curieux, nouvelle représentation d’un Verdi de jeunesse avec ce Nabucco, dans une production conçue par Yannis Kokkos, qui parle un tout autre langage que celui tenu la veille.

La mise en scène de Kokkos est d’une sobriété de bon aloi, ne présentant aucune originalité notable, mais aussi aucune incongruité manifeste (à part quelques pardessus et kalachnikov sans lesquels une représentation d’opéra n’est presque plus concevable aujourd’hui), laissant l’action se dérouler de façon lisible et efficace. Très bien éclairés, les décors sont sobres et classiques, de même que la plupart des costumes. On peut noter une gestion assez compétente des mouvements de foule, de même qu’une direction des acteurs classique, mais convaincante.

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© Wilfried Hösl

Comparé au Macbeth de la veille, ce Nabucco, s’il est plus cohérent scéniquement est cependant moins brillant musicalement, la faute à une distribution qui aligne les prestations moyennes. Les déceptions se nomment d’abord Stefan Kocan, Zaccaria caverneux et rauque, affecté d’un terrible vibrato, dont le chant se résume souvent à une série de beuglements caricaturaux. La Fenena de Daniella Sindram est moins désastreuse, mais ne fait guère impression : le chant est insipide, la projection est faible, et la voix manque de fraîcheur et d’éclat. Enfin, l’Ismaele d’Alexandrs Antonenko est assez digne, mais le chant très puissant est approximatif et manque de subtilité, et l’émission est très engorgée. En revanche, on ne peut que louer l’excellent Christian Van Horn en Grand prêtre de Baal, dont la diction précise, l’éloquence et le mordant sont très plaisants.

Le début de soirée de Paolo Gavanelli en Nabucco n’est pas très rassurant : la voix est grise et n’a plus beaucoup de timbre, trop aboyé, le chant manque d’ampleur et de legato. La voix chauffée, il s’améliore cependant au fil de la représentation, donnant un final de la deuxième partie assez mordant, puis un très beau duo avec Abigaille « Donna, chi sei ? », où son émission devient plus claire et moins forcée, et où on commence à pouvoir apprécier la qualité du timbre, qui reste encore fort beau.

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© Wilfried Hösl

La révélation de la soirée est en fin de compte Alessandra Mezza, qui se trouve être une interprète très brillante d’Abigaille, qui assume sans effort apparent les difficultés du rôle. Dotée d’un joli timbre, elle chante juste, lance des aigus purs et puissants, semble à l’aise sur toute la tessiture, et se montre aussi remarquable dans les passages nécessitant légèreté et lyrisme que dans les nombreuses parties plus lourdes et dramatiques de son rôle.

C’est Paolo Carignani qui dirige cette représentation. Moins électrisant que son jeune collègue de la veille, il n’en n’assure pas moins une direction très efficace, sans défaut majeur, et obtient du chœur la douceur et le cantabile nécessaires pour donner un « Va pensiero » très subtil et poignant.

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- Munich
- Nationaltheater
- 22 juillet 2009
- Mise en scène, décors et costumes, Yannis Kokkos ; Lumières, Michael Bauer ; Dramaturgie, Anne Blancard-Kokkos
- Nabucco, Paolo Gavanelli ; Ismaele, Aleksandrs Antonenko ; Zaccaria, Stefan Kocán ; Abigaille, Alessandra Rezza ; Fenena, Daniela Sindram ; Il Gran Sacerdote, Christian Van Horn ; Abdallo, Kenneth Roberson ; Anna, Elena Tsallagova
- Chor der Bayerischen Staatsoper. Chef de choeur, Andrés Máspero
- Bayerisches Staatsorchester
- Paolo Carignani, direction






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