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Münchner Opernfestspiele 2007 : Orlando

vendredi 7 décembre 2007 par Richard Letawe

Après Werther , le Münchner Opernfestspiele suit son cours avec la reprise d’Orlando, dans un Nationaltheater plein à craquer, comme d’habitude.

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© Wilfried Hösl

La production est conçue par David Alden, metteur en scène très présent sur la scène bavaroise où il est l’un des scénographes attitrés du répertoire baroque. Il signe un spectacle qui joue systématiquement sur le second degré, se moquant du livret, en ôtant toute caractérisation aux personnages qu’il transforme en pantins et girouettes. Pour qui a déjà vu une mise en scène de cet artiste, le résultat est fort prévisible ; nous assistons ce soir à Orlando, mais nous pourrions tout aussi bien être dans Agrippina ou Rinaldo sans que cela change beaucoup. Les récitatifs sont relativement drôles, la plupart du temps, mais les airs sont constamment parasités par des gesticulations diverses, des chorégraphies sur toute section un peu rythmée, une agitation permanente sur la scène - nombreux changements de décor, ou plutôt déplacements d’accessoires, toujours faits à vue. Chanter un air de Händel est en soi un exercice assez difficile sans qu’on ait besoin d’en rajouter ; tous ces éléments extérieurs nuisent à l’attention du public et à la prestation musicale, les chanteurs finissant parfois essoufflés. En ne faisant pas confiance à la musique, se sentant obligé de meubler chaque instant pour justifier leurs émoluments, Alden agit ici comme nombre de pairs de sa génération. Les décors de Paul Steinberg participent de cette même esthétique : la plupart du temps de grands pans de murs nus, peints en orangé criard, plus quelques accessoires (canapé cuir, valises, bureau métallique), soit le tout-venant actuel. Côté costumes, on échange les gestapistes en imperméable de cuir pour une troupe de GI’s baraqués en tenue bleue.

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Heureusement, la distribution vient sauver la soirée, comprenant
quelques-uns des meilleurs chanteurs haendéliens du moment. Dans le rôle-titre, David Daniels a conservé toute la fraîcheur de son timbre, sa virtuosité et sa souplesse, une bonne dizaine d’années après son apparition sur la scène internationale. L’expression est un peu candide, liée à l’emploi d’un contre-ténor dans un rôle héroïque, mais elle est convaincante, car Daniels a de la présence scénique, et si la voix reste peu puissante, elle passe bien l’orchestre, et assume passages élégiaques et airs de bravoure avec le même brio. Olga Pasichnyk est une Dorinda de grande classe, à la voix de soprano crémeuse et au chant virtuose. Elle a quelques problèmes de justesse dans le deuxième acte, mais par ailleurs, la sûreté des aigus, le velouté du médium, le brio des vocalises et l’abattage de l’interprète en font la grande triomphatrice de la soirée.

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© Wilfried Hösl

Dans le rôle de Medoro, Beth Clayton fait également excellente impression. Bien que possédant un volume sonore un peu confidentiel, son chant est extrêmement nuancé, les phrasés sont d’une grande délicatesse, et la chanteuse donne à chaque mot tout son sens et son poids. En Zoroastro, Alastair Miles fait craindre le pire à l’acte I - voix caverneuse et vibrato envahissant -, mais se reprend ensuite, chantant même avec un certain panache, quoique pas toujours très subtilement. Enfin, dans le rôle d’Angelica, Rosemary Joshua est le seul véritable point faible de la distribution : le chant est joli, mais manque d’éclat et d’implication, les aigus sont assez agressifs, la vocalisation est heurtée, et le rythme comme la justesse font souvent défaut.
À la tête d’un Bayerisches Staatsorchester assez stylé, dont les solistes sont néanmoins parfois à la peine, Christopher Moulds tient bien son plateau. Sa direction est vive, rythmée et dansante, et participe amplement au succès purement musical de cet Orlando.

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- Munich
- Nationaltheater
- 22 juillet 2007
- Georg Frideric Haendel (1685-1760), Orlando
- Mise en scène, David Alden ; Décors, Paul Steinberg ; Costumes, Buki Shiff ; Chorégraphie, Beate Vollack ; Lumières, Pat Collins
- Orlando, David Daniels ; Angelica, Rosemary Joshua ; Medoro, Beth Clayton ; Dorinda, Olga Pasichnyk ; Zoroastro, Alastair Miles
- Das Bayerisches Staatsorchester
- Christopher Moulds, direction






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