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Lille

Muhai Tang et Elsa Maurus

Orchestre National de Lille
samedi 17 novembre 2007 par Richard Letawe

Malgré un programme assez peu vendeur, ce concert de l’Orchestre National de Lille se déroule devant un auditorium du Nouveau Siècle assez bien rempli, ce qui est toujours plus agréable, pour les musiciens comme pour les spectateurs.

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Muhai Tang
DR

Muhaï Tang, l’invité de ce soir, est un chef sobre, dont la technique de direction, toute en douceur et en suggestion, sans geste brusque et sans effet d’estrade, est un plaisir à regarder. Il donne une lecture très humble et très recueillie du Prélude de l’Acte I de Lohengrin, assumant sans faiblir des tempi très larges. Il tire des cordes de l’ONL, concentrées et endurantes, des sonorités lumineuses et des couleurs chaudes, qu’on pourrait qualifier de latines, alors que les cuivres sont bien dosés, et font une entrée très propre.

Fortement influencée par Wagner, la musique d’Ernest Chausson fait un pendant cohérent à ce prélude. La soliste du Poème de l’amour et de la mer est Elsa Maurus, qui est ici en terrain de connaissance, puisqu’elle a enregistré l’œuvre avec l’ONL, sous la direction de Jean Claude Casadesus. Cette très bonne version est parue en 2005 chez Naxos, couplée avec La Péri de Paul Dukas, et les Nuits d’été de Berlioz. Elsa Maurus n’a pas des moyens vocaux exceptionnels, mais elle les utilise intelligemment, sans forcer, et elle sait porter la poésie d’un texte, particulièrement de La Fleur des eaux qu’elle chante avec passion et chaleur. La diction est bonne, le médium chaleureux, et l’expression naturelle de sa voix, sombre et nostalgique en fait une interprète de choix de ce cycle. Sa prestation manque cependant parfois d’extériorisation, avec quelques montées vers l’aigu assez périlleuse, et une projection limitée, ce qui oblige l’auditoire à tendre l’oreille pour bien la comprendre. Il est vrai qu’une voix n’a pas la tâche facile face à une phalange symphonique au complet, et que Muhaï Tang, très occupé à faire sonner ses troupes dans cette foisonnante partition, a un peu négligé de laisser entendre la soliste.

La seconde partie du concert est dédiée à la deuxième symphonie de Sibelius, dont l’ONL et son chef donnent une version de bonne qualité. Le foisonnement de l’Allegretto est excellemment rendu, de même que l’atmosphère crépusculaire du deuxième mouvement, portée par des phrasés puissants et généreux. Les deux mouvements finaux sont plus problématiques, avec un Vivacissimo qui pourrait être plus agile et dont les angles sont un peu trop ronds, et un Finale énergique, mais un peu lourd, et qui tombe trop souvent dans les pièges d’un pompiérisme un peu facile.

Lors de ce concert, nous avons appris le récent décès de notre collègue et ami Claude Fabre. Cet article est écrit à sa mémoire.

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- Lille
- Nouveau Siècle
- 09 octobre 2007
- Richard Wagner (1813-1883), Prélude de Lohengrin
- Ernest Chausson (1855-1899), Poème de l’Amour et de la Mer Op.19
- Jean Sibelius (1865-1957), Symphonie n°2 en Ré majeur Op.43
- Elsa Maurus, mezzo-soprano
- Orchestre National de Lille
- Muhai Tang, direction






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