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Mozart et ses pères : la galaxie du dix-huitième siècle, celui des lumières

dimanche 20 mai 2012 par Nicolas Mesnier-Nature
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Isabelle Druet
© Thomas Barthel

Placé sous le signe de la légèreté et du positivisme des tonalités majeures, le concert entendu ce soir au Théâtre nouvellement nommé « Scène nationale de Besançon » proposait un programme propre à plaire au plus grand nombre qui ne manqua pas de remplir la salle.

Le déroulement des œuvres amorce la chronologie avec le père Mozart, professeur reconnu et toujours étudié dans sa méthode par les violonistes de nos jours. La bande enregistrée produisant les coups de fusils et aboiements de chien servant de fond réaliste à la Sinfonia da caccia amusent et donnent à entendre une œuvre originale à défaut d’être géniale. Les quatre cors sont uniquement accompagnés de cordes. Le style réaliste et imitatif de Léopold trouve en l’orchestre et ses quatre solistes des bons servants, même si la justesse des cors, si difficile à trouver surtout à quatre, fait durant de courts instants légèrement défaut.

Autre morceau périlleux, le Concerto de trompette de Haydn. Alexandre Baty est un jeune trompettiste à la précision redoutable, au contrôle de la dynamique abouti et à la gestion du son confondante. Non, la trompette ne trompettise pas, on n’est pas dans une foire ou à la chasse. Tout chante, merveilleusement, avec sensibilité, le son est chaud, les attaques impeccables, les cadences parfaites. Deux airs tirés de deux de ses opéras qui peinent encore à trouver leur public l’ont rencontré ce soir : le retour d’Isabelle Druet, mezzo-soprano révélée aux victoires de la musique classique en 2010, attendue par un public bisontin qui la connaît bien. Toute vêtue de blanc, elle n’a rien perdu de son expressivité physique et vocale, toutes deux très naturelles : diction toujours impeccable, excellente tenue de notes, absence de vibrato, couleur à tous les registres, pas de tensions et une ouverture du son en font une des grandes dames du chant du moment. Si l’œuvre vocale de Haydn reste à découvrir, celle de son élève ne l’est presque plus : pourtant, le Mozart de la Finta Giadiniera, œuvre légère très dans l’esprit du dix-huitième, a encore des échelons à gravir pour atteindre la notoriété. Gageons que la prestation d’Isabelle Druet engagera certains spectateurs à aller plus loin dans la découverte.

Pour achever cette seconde partie de programme, une autre très bonne surprise nous attend : le flûtiste belge Vincent Cortvrint, ami de longue date de Jean-François Verdier, fait corps avec son instrument dans le Concerto pour flûte de Mozart. Chant aérien et chaud, la flûte s’envole au-dessus d’un orchestre respectueux des équilibres fragiles à trouver avec la masse orchestrale, toujours en dialogues légers mais soutenus. Quand on connaît le péril constant que représentent les instruments à vent, en permanence soumis au moindre craquement et à la fragilité du son, la performance est indéniable. Les cadences, conduites avec les yeux fermés de l’introspection, comme presque tout le long, ont été suivies dans un silence religieux, toujours témoignage d’une attention à la qualité.

Enfin, la Symphonie n°40 de Mozart trouvait sa voie entre un classicisme de bon ton, pas trop tragique, pas trop souriant, et gardait de ce fait une continuité stylistique avec ce qui précédait. La gestuelle de Jean-François Verdier exprimait ce qu’on entendait : souplesse et précision, avec des pointes d’énergie bien placées et un accompagnement des solistes expressif, et surtout un bonheur et un plaisir de faire de la musique.

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- Besançon
- Scène nationale
- 15 mai 2012
- Léopold Mozart (1719-17187), Sinfonia da caccia pour 4 cors, coups de fusils et cordes en sol majeur
- Joseph Haydn (1732-1809), Concerto pour trompette en mi bémol majeur ; Come il vapor s’ascende (air de Sylvia dans l’isola disabitata) ; Se lo comanda, ci veniro (air de Lisetta dans Il mondo della luna)
- Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Se l’augellin sen fuge (air de Ramiro dans La Finta Giadiniera) ; Concerto pour flûte en ré majeur KV 314 ; Symphonie n°40 en sol mineur KV 550
- Alexandre Baty, trompette
- Vincent Cortvrint, flûte
- Isabelle Druet, mezzo-soprano
- Orchestre de Besançon-Montbéliard Franche-Comté
- Jean-François Verdier, direction






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