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Messiaen et Bach, épisode II

mardi 22 juillet 2008 par Benoît Donnet
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Philippe Herreweghe
© Michel Garnier

Cet avant dernier jour du Festival de Saintes commençait par un concert de 12h30 dévolu à Bach, Messiaen et Knüpfer. Après une première partie consacrée au grand compositeur du XXè siècle, interprété par Jean-Baptiste Robin, Philippe Herreweghe, avec le même quatuor de
chanteurs qu’il y a trois jours, dirigeait deux cantates baroques avec son talent habituel.

L’orgue de l’Abbaye aux Dames est un instrument de la fin du XIXè siècle que les nécessités du spectacle ont malheureusement rejeté dans le transept nord de l’abbatiale, de sorte que comme il y a trois jours, le son nous est apparu lointain et fortement diminué. Un handicap qui ne nous paraît cependant pas rédhibitoire, car si l’on perd une certaine présence plus touchante pour le spectateur, on gagne au contraire une clarté, une légèreté dans le son de l’instrument qui est toute bienvenue pour apprécier le travail harmonique et rythmique fascinant d’Olivier Messiaen. Celui-ci était présent aujourd’hui à travers des pièces extraites de deux de ses chefs d’œuvre, les Corps Glorieux et surtout l’envoûtante Nativité du Seigneur, œuvre d’une originalité et d’un impact foudroyants, comme on a pu encore le percevoir aujourd’hui. L’organiste Jean-Baptiste Robin s’est montré fort convaincant, avec un jeu sobre, intelligent et équilibré, même si son instrument n’a pas l’impact sonore que cette musique requerrait.

Après, l’entracte, où un discours a été prononcé en hommage au président et sauveur du festival Alain de Pracomtal, décédé le 26 novembre 2007, Philippe Herreweghe est entré en scène pour diriger deux cantates. La première n’était pas de Bach, mais de l’un de ses prédécesseurs, Sebastian Knüpfer (1633-1676), compositeur dont l’écriture se rapproche parfois de celle de Lully. « Wenn mein Stündlein vorhanden ist » est une œuvre très bien écrite, qui convoque huit instrumentistes, un orgue et quatre voix solistes qui entonnent successivement, puis ensemble, des paroles de lamentation sombrement méditatives. Le quatuor vocal, formé de Katharine Fuge, Damien Guillon, Jan Kobow et Thomas Bauer s’est tiré sans encombres d’une œuvre complexe par la richesse de ses coloratures.

Puis la cantate BWV 138 de Bach, « Warum betrübst du dich », dédiée à Pracomtal qui l’affectionnait particulièrement, a été excellemment interprétée par un Philippe Herreweghe toujours impeccable, beaucoup plus inspiré, il faut bien le dire, que son collègue Daniel Reuss mardi dernier. Le Collegium Vocale, qui nous avait déçu à cette occasion, s’est révélé juste et lyrique aujourd’hui, et même si la mise en place des soli vocaux souffrait de quelques insuffisances, l’émotion était bien là chez les interprètes, suffisamment pour susciter les applaudissements nourris du public, parmi lequel se trouvait pour l’occasion Ségolène Royal, en visite à Saintes.

Un concert réussi dont on regrette qu’il marque la fin des concerts de journée de cette édition 2008 du festival.

Damien Guillon sera présent au douzième festival Musique et nature en Bauges qui se déroulera du 17 juillet au 22 août 2010.

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- Saintes
- Abbaye aux Dames
- 19 juillet 2008
- Olivier Messiaen (1908-1992), Extraits des Corps Glorieux : Joie et Clarté des Corps glorieux : "Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père" ; Extraits de la Nativité du Seigneur : Les Mages ; Jésus accepte la souffrance ; Dieu parmi nous
- Sebastien Knüpfer (1633-1676), "Wenn mein Stündlein vorhanden ist"
- Jean Sébastien Bach (1685-1750), Cantate BWV 138 "Warum betrübst du dich"
- Jean Baptiste Robin, orgue
- Katharine Fuge, soprano
- Damien Guillon, alto
- Jan Kobow, ténor
- Thomas Bauer, basse
- Collegium Vocale Gent
- Philippe Herreweghe, direction






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