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Messa da Requiem à Orange

samedi 26 juillet 2008 par Olivier Lalorette

Cette année les Chorégies d’Orange ont programmé deux Requiem : ceux de Verdi et de Fauré. Intime, le Requiem de Fauré a trouvé place à la Cathédrale Notre-Dame. Grandiose, nécessitant de nombreux choristes et un orchestre très fourni, celui de Verdi a été donné au Théâtre antique

La soprano Hasmik Papian remplaçait au pied levé Micaela Carosi souffrant d’une pneumonie. Il est toujours difficile de juger dans une telle situation. Il est évident que dans le duo avec Luciana d’Intino, elle peine beaucoup à se faire entendre. De même dans le « Libera me », ou sa voix de soprano ne possède pas l’ampleur requise pour traduire le dramatisme de ce sommet du Requiem. Il s’agissait peut-être ce soir d’une fatigue passagère, sinon, mieux vaudrait pour elle éviter cette partition à l’avenir. Pour sa première aux Chorégies, Luciana d’Intino est sans aucun doute la reine de la soirée. Elle appartient à une espèce en voix de disparition : les mezzo-sopranos verdiennes. La voix est large, ronde, puissante, aux aigus sans faille. Habituée à chanter des rôles tels qu’Amnéris, sa partie du Requiem ne lui pose aucun souci.

Vittorio Grigolo est un jeune ténor, qui passe déjà depuis quelques années sur les grandes scènes. Indéniablement il possède un fort joli timbre, plutôt léger et lumineux, les aigus sont biens timbrés et haut placés. La voix ne manque pas de projection et demeure tout à fait audible dans toute la tessiture. Il manque parfois d’assurance, comme le montrent des phrases finies à bout de souffle, et une gestuelle caricaturale. Dommage également : l’excès de rubato. Mais ne gâchons pas notre plaisir : il s’agit là d’une jolie voix. La basse Paata Burchulaze, au timbre un peu banal, remplit bien son rôle : toutes les notes sont bien là, et les nuances aussi (et les piani sont sonores).

Le chœur Orfeon Donostiarra ne se perd pas en vociférations, mais livre une prestation tout en nuances (et pourtant la tessiture n’est pas franchement de tout repos). Quant à Tugan Sokhiev, il mène l’Orchestre du Capitole de Toulouse de façon honorable, mais sans véritable génie.

La beauté des silences du Requiem verdien et les prestations de la mezzo et du ténor, permettent donc de passer une agréable soirée, dans un cadre qui se prête de façon parfaite à une telle œuvre.

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- Orange
- Théâtre antique
- 19 juillet 2008
- Giuseppe Verdi (1813-1903), Messa da Requiem
- Soprano : Hasmik Papian
- Mezzo-soprano : Luciana d’Intino
- Ténor : Vittorio Grigolo
- Basse : Paata Burchulaze
- Chœur Orfeon Donostiarra de San Sebastian
- Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Tugan Sokhiev, direction






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