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Méphisto en Méditerranée !

mardi 27 septembre 2011 par Cyril Brun
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Samuel Ramey
© D.Jaussein

Méphisto aurait-il choisi de passer l’automne sur les bords du Mare Nostrum ? Avant Mefistofele de Boito en novembre sur le Rocher, en prélude au Faust de Gounod dans la plus belle rade du monde en octobre, c’est sur la promenade des Anglais que le satanique suppôt a posé son pied fourchu, dès la rentrée, sous les accords soutenus de Berlioz.

Pour sa rentrée, l’Opéra de Nice a donc choisi cette damnation rendue célèbre par Louis de Funès. À l’inverse du Maestro de Garnier, c’est dans sa version première que Philippe Auguin, a choisi de donner cette œuvre originale et atypique entre toutes. La mise en espace, très peu expressive, n’a du reste pas apporté grand-chose à l’intrigue, à la différence de la mise en lumière qui, en étant davantage soulignée, se serait suffi à elle-même.

Il est difficile d’en dire autant de l’exécution musicale qui pâtit incontestablement du trop peu de répétitions. Terrible sort de bien des scènes contemporaines que celui d’être contraintes, par des restrictions budgétaires, à aligner des notes sans pouvoir leur donner la vie que le compositeur leur destinait. Alors que dire ? Bien entendu, les musiciens sont bons et leur jeu est bon, individuellement. Mais où est l’âme damnée, perdue au milieu de notes juxtaposées, sans direction, ni pensée ? Car voilà bien ce que fut cette soirée, une suite de notes fort agréables mais sans relief, comme si l’interprétation avait fait défaut. Dans une vision, lissée, digne d’un grand Brahms, on cherchait désespérément Berlioz, ses accents, ses saillies, son génie ! On retrouvait bien ça et là de grandes fanfares, de quoi émoustiller le public et s’assurer des applaudissements. Mais Berlioz n’est-il que cela ? Comment toutefois, faire porter sur les artistes des décisions qui leur sont étrangères ? Dans de telles conditions de travail, on ne peut que regretter qu’une Rolls, soit utilisée comme une simple berline ordinaire.

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© D.Jaussein

Pour compléter ce tableau peu reluisant, Samuel Ramey, à peine sorti d’une lourde opération, restait très handicapé par une voix chevrotante, parfois pénible à entendre.

Mais du fond de la scène sortit, celle dont pourtant, ici, le rôle n’est que secondaire, Marguerite, à la voix d’or ! Enfin, un moment de grande qualité et d’émotion, de véritable voix. Moment de charme que l’on doit à Oksana Volkova, sans qui la soirée aurait été bien terne, sans pour autant être mauvaise. Mais tel est le prix de la logique économique !

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- Nice
- Opéra
- 16 septembre 2011
- Hector Berlioz (1803-1869), La damnation de Faust
- Mise en espace, Yves Coudray ; Lumières, Bernard Barbero
- Faust, Charles Castronovo ; Marguerite, Oksana Volkova ; Mephistophélès, Samuel Ramey ; Brander, Jean Marie Frémeau
- Orchestre et chœur de l’Opéra de Nice.
- Philippe Auguin, direction





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