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Lumières du Nord

mercredi 12 mars 2008 par Richard Letawe
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Emily Beynon
© Hanya Lachla

Depuis cette saison, le SymfonieOrkest Vlaanderen joue une partie de ses concerts bruxellois au Palais des Beaux Arts. Il est bien plus difficile de remplir la vaste Salle Henri Le Bœuf que le petit Conservatoire Royal où le SOV se produisait auparavant exclusivement, mais l’acoustique et les conditions de travail y sont incomparablement meilleures.

Trois œuvres nordiques sont au programme ce soir, devant un parterre assez clairsemé. L’orchestre commence par les extraits du célèbre Peer Gynt de Grieg. Leur exécution sous la direction d’Etienne Siebens n’est pas à la hauteur de l’attente. D’abord, il faut se lever tôt si on ne veut pas rater le Matin, car il est mené à un train d’enfer par un chef à la battue raide, et manque de ce fait singulièrement de fraîcheur et de poésie. Très corsetée, la Mort d’Aase laisse peu de place à l’émotion, et les cordes y manquent de densité, alors que la Danse d’Antira, trop carrée, souffre de violons à la sonorité trop mate. Finalement, seul le dernier épisode, Dans l’antre du Roi de la Montagne est véritablement séduisant, par la maîtrise du chef, qui obtient tranchant et lumière d’un orchestre virtuose.

Avec le concerto pour flûte de Nielsen, joué par Emily Beynon, première soliste du Concertgebouworkest, on entrait enfin dans le vif du sujet. La flûtiste fait une forte impression dans cette œuvre qui met les capacités techniques à rude épreuve. Sa musicalité et sa virtuosité sont sans failles, et sa sonorité large, très puissante et pleine de couleurs, qui remplit l’espace. Nielsen n’est pas seulement exigeant avec la flûtiste, mais aussi avec l’orchestre dont les pupitres sont constamment sollicités. Ceux du SOV répondent parfaitement à l’attente, et entament avec la soliste un dialogue d’une rare fluidité.

Le SOV reste dans les meilleures dispositions pour la deuxième symphonie de Sibelius, de même que son chef, fidèle à ses principes de rigueur, de clarté et de légèreté. Au lendemain du concert de Petri Sakari à Liège, il est d’ailleurs intéressant de retrouver chez Siebens, autre élève de Jorma Panula, un style très proche : concentré, attentif aux équilibres, fuyant les débordements émotionnels. L’interprétation de Siebens a du souffle, de l’énergie et du mordant, et fourmille de détails bien mis en valeur par le chef, mais sans qu’on perde l’ensemble de vue, et culmine dans un finale magistral et exempt de lourdeur. Elle repose sur un orchestre glorieux, aéré, aux cuivres à la fois sobres et solaires, et sur des cordes à la luminosité et au soyeux remarquables. Les absents ont eu tort.

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- Bruxelles
- Palais des Beaux Arts
- 23 février 2008
- Edvard Grieg (1843-1907), Peer Gyint, extraits ; Carl Nielsen (1865-1931), Concerto pour flûte ; Jean Sibelius (1865-1957), Symphonie n°2 en Ré majeur Op.43
- Emily Beynon, flûte
- SymfonieOrkest Vlaanderen











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