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Luberon 2011 : le Quatuor Antarès joue Mozart et Haydn

lundi 10 octobre 2011 par Gilles Charlassier

L’organisateur de concert en plein air se voit parfois contrarié par le manque de coopérativité de la météorologie. C’est ainsi que le mistral a obligé le Quatuor Antarès à se replier à l’intérieur du réfectoire de l’annexe du château de Saumane. Si le lieu n’a guère été conçu pour la musique, l’équipe du festival a réussi à pallier les déficiences des installations, laissant l’espace aux instrumentistes pour exprimer leur sensibilité dans deux des plus belles pages du répertoire : les « Quintes » de Haydn et le Quintette KV516 en sol mineur de Mozart.

Le Quatuor en ré mineur opus 76 n°2, surnommé les « Quintes » pour les intervalles qui façonnent le thème initial du premier mouvement, révèle une écriture remarquable de densité et d’austérité, où le sens de la cohésion de la formation franco-italienne se montre fort à-propos. L’Andante o più tosto allegretto s’ouvre sur une mélodie du premier violon soutenue par les pizzicati des autres pupitres, installant une atmosphère apaisée qui s’assombrit un peu dans le développement. Les variations frémissent dans un tempo plus allant. Le Menuetto renoue avec une certaine rugosité, soulignée par les traits du violoncelle, encadrant un trio plus souriant. Le Vivace assai final condense les affects de la partition, dans un tourbillon fédérant les quatre musiciens. Les Antarès profitent de ce que la première partie conclut la partie quatuor de la soirée pour donner une tribune à un autre Andante pris dans les Quatuors milanais de Mozart, dont l’enregistrement qu’ils en ont fait a été récompensé par la critique. Après la cantilène jouée à Silvacane, Ruggero Capranico présente le mouvement lent du Quatuor KV 157, lequel exhale une mélancolie touchante, enveloppée dans la rondeur de la texture instrumentale.

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Quatuor Antarès
DR

L’alto des Rubens, Roeland Jagers, se joint aux Antarès pour un des sommets de la littérature pour quintette : le KV 516 en sol mineur, tonalité tragique par excellence chez Mozart. L’Allegro expose d’emblée l’inspiration tourmentée du compositeur. Le Menuet est inhabituellement placé en seconde position et fait entendre une mélodie plaintive déchirée par des accès d’énergie impitoyable. Le trio offre un répit de délicatesse. Le mouvement lent est empreint d’un halo de résignation zébré par les quatre notes menaçantes du second alto. Le finale commence par un lento implorant avant un Allegro dont le rythme enjoué ne saurait faire illusion. L’Adagio de l’autre Quintette de Mozart conclut la soirée.

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- Saumane-de-Vaucluse
- Château de Saumane
- 27 août 2011
- Joseph Haydn (1732-1809), Quatuor opus 76 n°2 en ré mineur
- Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Quintette en sol mineur K 516
- Roeland Jagers, alto
- Quatuor Antarès, Ruggiero Capranico premier violon, Dania Draga second violon, Agnès Domergue, alto, Cécile Nicolas violoncelle











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