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Louis Langrée, souverain dans le Requiem allemand

mercredi 18 juin 2008 par Richard Letawe
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Louis Langrée
© B. Ealovega

Après le récital de lieder donné par Sara Mingardo et Jeremy Menuhin, le Requiem allemand était la pièce de résistance de cette deuxième journée du Festival Brahms.

Ce Requiem était précédé par quatre des onze Préludes de choral Op.122, joués à l’orgue par Anne Froidebise. Ils sont joués avec toute l’intériorité et toute la rigueur requises par l’organiste liégeoise.

Connaissant Louis Langrée, on ne s’attendait pas à un Requiem poussif et grandiloquent. Les attentes ne sont pas déçues, car on a droit à une lecture vive, dramatique, et exempte d’emphase, très certainement éclairée par l’écoute des versions historiquement informées de John Eliot Gardiner ou de Frieder Bernius. Le souci de lisibilité est constant chez le chef, qui s’attache à chaque détail, soigne les interventions de chaque pupitre, et laisse tout entendre. On distingue chaque détail, sans que rien soit mis artificiellement en avant, sans perdre l’ensemble de vue, et on entend un orchestre formidablement impliqué, parfaitement équilibré, dont les cordes graves, au son léger et frémissant, subtil et nourri, sont admirables de la première à la dernière mesure. Ces violoncelles, ces contrebasses, ces altos forment une pâte qui a bien levé, est fluide et solide. Assis sur cette base stable et confortable, les autres groupes d’instruments sont placés dans les meilleures conditions, et se montrent tous irréprochables.

Les forces chorales viennent du Städticher Musikverein de Düsseldorf, une formation qui fut dirigée en leur temps par Mendelssohn et Schumann. Ce chœur très fourni débute magnifiquement, puissant, très sûr, les voix sont belles, les sopranos transparentes. Dites sur le ton de la confidence, dans un souffle, les premières phrases de « Denn alles Fleisch es ist wie Gras » resteront comme un grand moment de maîtrise collective et d’écoute mutuelle. Malheureusement, le chœur ne tient pas la distance, et à partir de la quatrième partie, « Wie lieblich sind Deine Wohnungen », des problèmes de cohésion se font jour, et la justesse est par endroit plus qu’approximative, et le dernier chœur, le délicat « Selig sind die Toten » est bien long. Prestation honorable donc, brillante par moment, mais manquant de constance.

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Hendrikje Van Kerckhove
DR

On n’a en revanche que des louanges à adresser aux deux solistes, Thomas Laske le baryton, sobre et fier, dont le très léger manque de grave est largement compensé par un chant plein de nuances, magnifiquement phrasé, et faisant vivre le texte. A peine troublée par une première phrase à l’intonation un peu hésitante, la prestation de la soprano Hendrickje Van Kerckhove dans « Ihr habt nun Traurigkeit » est elle aussi de toute beauté : un chant pur, sans affectation, techniquement parfait, à la bonté désarmante.

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Thomas Laske
DR

Pour la beauté de ses solistes, pour la richesse sonore de l’orchestre, pour les belles intentions du chœur, et pour la vision du chef, à la battue légère, aux phrasés pleins d’imagination, ce « Deutsches Requiem » dynamique, à la juste carrure dramatique et à la ferveur sans emphase, méritait bien les longs applaudissements qui l’ont salué. Encore une fois dans les grandes œuvres chorales [1], Louis Langrée est souverain.

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- Liège
- Salle Philharmonique
- 24 mai 2008
- Johannes Brahms (1833-1897), Préludes de choral Op.122, n°10, 4, 7 et 11 ; Ein Deutches Requiem Op.45
- Anne Froidebise, orgue
- Hendrickje Van Kerckhove, soprano
- Thomas Laske, baryton
- Chœur du Städtischer Musikverein, Düsseldorf. Chef des chœurs, Marieddy Rossetto.
- Orchestre Philharmonique de Liège
- Louis Langrée, direction

[1] nous conservons de grands souvenirs d’une Troisième de Mahler, d’une Neuvième de Beethoven











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