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Les Bamberger Symphoniker aux Canaries

lundi 6 février 2012 par Richard Letawe
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Jonathan Nott
© Thomas Muller

Alors que l’été n’est plus qu’un très lointain souvenir, le mélomane peu retrouver un peu de l’ambiance des festivals estivaux en allant suivre, pour un coût de voyage somme tout assez modique, le Festival musical des Canaries. Il y entendra des invités prestigieux dans des programmes de qualité, découvrira un exemple des nouvelles salles de concert espagnoles, et aura également l’occasion d’explorer des îles au beau temps perpétuel, qui ont bien plus à offrir que les installations du tourisme de masse.

Les concerts du festival se déroulent sur tout l’archipel des Canaries, la part du lion étant laissée aux deux îles les plus peuplées, Grand Canaria et Tenerife qui accueillent les programmes symphoniques pour lesquels les orchestres voyagent entre Las Palmas et Santa Cruz de Tenerife.

Pour notre recension du festival, nous avons choisi de nous baser à Tenreife, dont la capitale Santa Cruz s’est dotée en 2003 d’une nouvelle salle de concert dessinée par Santiago Calatrava, à l’architecture spectaculaire- nous y reviendrons dans un autre article- et à l’acoustique d’une qualité superlative. Notre premier article portera sur le deuxième programme donné lors de leur séjour aux Canaries par les Bamberger Symphoniker, dirigés par Jonathan Nott.

Les concerts du festival se déroulent sur tout l’archipel des Canaries, la part du lion étant laissée aux deux îles les plus peuplées, Grand Canaria et Tenerife qui accueillent les programmes symphoniques pour lesquels les orchestres voyagent entre Las Palmas et Santa Cruz de Tenerife.

Pour notre recension du festival, nous avons choisi de nous baser à Tenreife, dont la capitale Santa Cruz s’est dotée en 2003 d’une nouvelle salle de concert dessinée par Santiago Calatrava, à l’architecture spectaculaire- nous y reviendrons dans un autre article- et à l’acoustique d’une qualité superlative. Notre premier article portera sur le deuxième programme donné lors de leur séjour aux Canaries par les Bamberger Symphoniker, dirigés par Jonathan Nott.

Le concert, donné devant une assistance assez maigre, débute par la création mondiale d’une œuvre de José Manuel Lopez Lopez, commande conjointe de Radio France et du festival canarien. Sobrement intitulée Concerto pour piano et orchestre, un titre dont la modestie pouvait peut-être laisser espérer autre chose que le tout-venant de la création contemporaine institutionnelle, l’œuvre est malheureusement d’un inintérêt à peu près total. On se demande d’abord pourquoi utiliser un piano là où une paire de sabots aurait suffi, le soliste jouant pendant les premières minutes perpétuellement les mêmes notes sur un piano dont la résonance des cordes aux octaves les plus aiguës a été bloquée, le seul son émis par l’instrument étant donc celui produit directement par le mécanisme des touches. Après avoir littéralement broyé de l’ivoire pendant de longues minutes, le pianiste opère une rapide translation pour aller occuper l’autre extrémité de son clavier- il dispose heureusement pour ce faire de deux tabourets mis côte à côte- où il joue alors les mêmes notes qu’auparavant, mais en laissant cette fois résonner les cordes, ce qui produit rapidement un effet de saturation des graves assez désagréable. L’ayant encore fait mouliner avec obstination pendant quelques minutes, le faisant parfois se lever pour pincer quelques cordes dans la table d’harmonie, le compositeur semble se souvenir qu’il existe des touches au milieu du clavier. Il fait alors jouer toujours très mécaniquement à peu près les mêmes notes au soliste, mais celles-ci sont au moins cette fois écoutables, à défaut d’être intéressantes. Ce concerto nécessite évidemment aussi un orchestre, mais celui-ci est cantonné aux tâches subalternes, l’attention étant, malgré les maltraitances qu’il subit, accaparée par le joyeux babil de l’instrument-roi. Nous serons donc très dubitatif à propos des chances de cette œuvre de trouver d’autres interprètes à l’avenir que ses valeureux créateurs.

Les qualités de l’orchestre bavarois trouvent heureusement mieux à s’employer dans la seconde partie du programme, consacrée à la Symphonie n°4 de Mahler. Nous avions été très peu convaincu par un assez récent disque de la Symphonie n°1 que Jonathan Nott et son orchestre avaient enregistré chez Tudor leur éditeur habituel. On retrouvait ce soir dans la Symphonie n°4 une interprétation très fouillée, mais heureusement beaucoup plus spontanée et enthousiaste que dans ce disque très figé.

Jonathan Nott livre de cette Symphonie n°4 une version extrêmement soignée et détaillée, qui irrite un peu pour sa légère instabilité de tempo dans le mouvement initial, mais qui ravit par la légèreté bondissante des phrasés, le soin apporté aux équilibre orchestraux, la puissance de l’ensemble, toujours souple et élégant. Orchestre très discipliné, en pleine confiance avec leur directeur, les Bamberger Symphoniker possèdent de belles ressources parmi tous les pupitres, on goûte particulièrement le fondu savoureux des bois au début du troisième mouvement, mais c’est en vérité chaque mesure qui est jouée avec cœur et talent par cet orchestré mené avec beaucoup de sensibilité.

Notre seule réserve à propos de cette interprétation sera pour le lied final. Orchestralement, le résultat est toujours aussi bon, mais la jolie soprano Mojca Erdmann se contente de chanter les notes, sans montre de caractère, sans montrer ni l’émerveillement ni la malice de ce texte.

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- Santa Cruz de Tenerife
- Auditorium
- 13 janvier 2012
- José Manuel Lopez Lopez (né en 1956), Concerto pour piano et orchestre
- Gustav Mahler (1860-1911), Symphonie n°4 en Sol majeur
- Mojca Erdmann
- Bamberger Symphoniker-Bayerische Staatsphilharmonie
- Jonathan Nott, direction





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