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Le violon-flingueur

dimanche 2 mars 2008 par Richard Letawe
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Gordan Nikolitch
DR

Il y a environ un an, Gordan Nikolitch était venu à Lille jouer le concerto pour violon de Brahms, et n’avait guère convaincu. Il revenait ce soir à l’ONL en tant que soliste et chef.

Nikolitch dirige l’orchestre depuis la place de premier violon, et dès l’ouverture de la Pie voleuse, on devine que le concert ne marchera pas. Nikolitch se cabre, fait des bonds, se tord sur sa chaise dans la majestueuse introduction de l’ouverture, un passage qui ne demande sûrement pas toutes ces simagrées. Il semble ensuite se calmer, et joue sa partie, à l’orchestre de le suivre. L’exécution n’est pas très raffinée, un peu lourde de rythme, mais correcte et assez bien en place.

Le violoniste prend ensuite place au centre de la scène pour jouer le concerto n°1 de Paganini. Son interprétation est calamiteuse, et proprement indéfendable, à tel point que nous n’avions jamais entendu un violoniste massacrer autant un concerto. Il joue faux pratiquement de bout en bout, est incapable de nuances, et fait preuve d’un manque de musicalité et d’une absence d’élégance affligeants. Il joue vite certes, et son jeu a les apparences de la virtuosité, mais ces accents brutaux, ces phrasés grossiers, ces ahanements sont de pur mauvais goût, et la moindre des choses serait quand même de jouer juste. Trompé par ces effets de manche et cette virtuosité frelatée, le public applaudit avec enthousiasme. Misère ! Le bis obligatoire est presque pire que le Paganini : Bach au rythme exotique, joué avec une totale désinvolture stylistique.

L’orchestre joue plutôt bien, totalement délaissé par un soliste qui ne se préoccupe que de lui-même, et ne lui donne pas une indication, sinon de marquer quelque fois le tempo de la tête, du buste ou du pied lors des ritournelles. Pour le reste, qu’ils se débrouillent !

La seconde partie du programme, toujours « dirigée » du pupitre par Nikolitch, met Haydn à l’honneur, avec tout d’abord une ouverture de l’Isola disabitata d’une sobriété étonnante par rapport à ce que nous avons dû endurer auparavant. Pour terminer, une symphonie militaire honorable, mais jouée comme de la musique... militaire, manquant de finesse, de grâce et de clarté. Les phrasés sont assénés, les tutti sont très compacts, et malgré les efforts de bois très concernés, l’exécution frappe par sa lourdeur, son absence de poésie et d’esprit.

Oublions ce concert ! La semaine prochaine, Michael Stern revient à Lille. C’est lui qui avait dirigé Nikolitch l’année dernière, sans parvenir à le canaliser, mais qui avait surtout donné de très belles troisième et quatrième symphonies de Brahms.

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- Lille
- Nouveau Siècle
- 26 février 2008
- Gioacchino Rossini (1792-1868), Ouverture de La gazza ladra ; Niccolo Paganini (1782-1842), Concerto pour violon n°1 en Ré majeur Op.6 ; Joseph Haydn (1732-1809), Ouverture L’isola disabitata, Symphonie n°100 en Sol majeur « militaire »
- Orchestre National de Lille
- Gordan Nikolitch, violon et direction






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