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Le retour de Wagner à l’Opéra de Bordeaux

lundi 18 mai 2009 par Olivier Lalorette
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Gilles Ragon
© Frédéric Desmesure

Cela faisait déjà de nombreuses années que Wagner n’avait pas hanté le Grand Théâtre de la capitale girondine. Et à l’accueil chaleureux réservé à cette production, on peut légitimement penser que Wagner manque au répertoire bordelais. S’agit-il d’une volonté durable ? Seules les prochaines saisons nous l’apprendront.

Salle du XVIIIème siècle, le Grand Théâtre n’est pas peut être pas le lieu idéal pour une représentation wagnérienne, en particulier à cause de la taille limitée de sa fosse d’orchestre et de sa scène. Cette nouvelle production, était donc un véritable pari. Un risque bien réel, assumé par l’Opéra de Bordeaux, car pour la plupart des interprètes, il s’agissait d’une prise de rôle, et que le metteur en scène Jean-Claude Berutti s’attaquait pour la première fois à une œuvre de Wagner.

Klaus Weise, wagnérien d’expérience, est pourtant la note moyenne de cette soirée. Plus problématique que de nombreux forte imparfaits, il manque en fait une véritable homogénéité à l’orchestre, dont les cuivres se montrent un peu trop présents. A noter également, la belle prestation des choeurs bordelais et montpelliérains, réunis pour l’occasion.

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Gilles Ragon, Levente Molnar
© Frédéric Desmesure

Gilles Ragon constitue la bonne surprise de cette production. Ténor ayant débuté sa carrière dans le répertoire baroque, et bien qu’il ait chanté Mime il y a quelques années, sa prise de rôle en Tannhäuser pouvait passer pour surprenante. Il n’en est rien. Le ténor montre une endurance qui semble à toute épreuve, et une puissance adaptée au répertoire wagnérien, tout en ne manquant pas pour autant de musicalité. Le jeune baryton Levente Molnar campe un beau Wolfram, particulièrement dans la toujours trop courte romance aux étoiles. On retiendra également la prestation sans faute, et le joli timbre de la basse Marek Wojciechowski.

Côté féminin le public est également à la fête. La mezzo-soprano française Sylvie Brunet, incarne une Vénus sensuelle et féminine. Vocalement, elle s’en tire avec brio, malgré un léger grelot dans la voix. De son côté la soprano Heidi Melton nous montre une voix aux moyens superlatifs, mais une Elisabeth au jeu de scène un peu placide.

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© Frédéric Desmesure

On ne peut pas dire que la mise en scène de Jean-Claude Berutti, aura marqué les esprits. A défaut elle aura malgré tout rempli son rôle. Ici pas de réinterprétation du livret de Wagner, mais une volonté de simplement illustrer celui-ci. Cette mise en scène ne manque pourtant pas de bonnes idées : le lit noir du couple du premier acte vertical, semblant sortir des entrailles terrestres, ou encore les beaux décors du « Retour de Rome ». Autre point remarquable : la célèbre ouverture est jouée rideau fermé. La fin du premier acte et le troisième acte se dérouleront dans un décor assez similaire : une forêt lugubre, aux arbres déracinés, alors que le deuxième acte nous montre une ancienne maison toute de bois construite.

Retour réussi pour Wagner à Bordeaux. Et si l’on ne peut que s’en réjouir, il reste à espérer que ce Tannhäuser, soit bientôt rejoint par les autres oeuvres du maître de Bayreuth.

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- Bordeaux
- Grand Théâtre
- 08 mai 2009
- Mise en scène, Jean-Claude Berutti ; Décors, Rudy Sabounghi ; Costumes, Colette Huchard ; Lumières, Laurent Castaingt ; Assistant mise en scène et chorégraphie, Daren Ross ; Assistant décors, Bruno de Lavenère
- Tannhäuser, Gilles Ragon ; Elisabeth, Heidi Melton ; Venus, Sylvie Brunet ; Wolfram von Eschenbach, Levente Molnar ; Hermann, Marek Wojciechowski ; Walter von Der Vogelweide, Willem van der Heyden ; Biterolf, Jean-Philippe Marlière ; Heinrich Der Schreiber, Matthew O’Neill ; Reinmar Von Zweter, Eric Martin-Bonnet ; Un jeune pâtre, Christine Tocci
- Chœurs de l’Opéra National de Bordeaux et de l’Opéra National de Montpellier
- Orchestre National Bordeaux Aquitaine
- Klaus Weise, direction






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