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Le printemps musical du Chœur et de l’Orchestre de Paris-Sorbonne

mercredi 30 mars 2011 par Jean-Charles Jobart

Pour clore en apothéose le festival des Voix du Printemps, dans le cadre de Musique en Sorbonne et de la saison Musicale du Musée de l’Armée, le Chœur et l’Orchestre de Paris-Sorbonne ont offert un concert placé sous le signe de l’orgue.

Le chœur s’est d’abord illustré dans deux œuvres modernes : In Memorian Duruflé de Thierry Escaich et une Messe solennelle pour chœur et deux orgues de Louis Vierne, œuvres accompagnées à l’orgue par Thierry Escaich lui-même.

La première œuvre, par la complexité de ses harmonies, permit de mettre en valeur les qualités du jeune chœur : cohérence de tous les chanteurs, couleur à la fois pure et timbrée de l’ensemble, notamment pendant les litanies du Kyrie ou lors de l’opposition du Miserere chanté des femmes et du Dies Irae déclamé des hommes. Seul le pupitre des basses fut parfois peu présent, sans que cela ne préjudicie grandement à l’œuvre et au plaisir de l’auditeur.

La soirée se poursuivit avec une Messe solennelle de Louis Vierne. Celui-ci, aveugle, élève de César Franck, devint organiste de Notre-Dame de Paris en 1900 et acheva, la même année, la composition de cette messe, basée sur un dialogue entre le chœur et l’orgue. On a pu, lors du Kyrie, admirer la clarté des entrées, la beauté des jeunes timbres, notamment aux ténors dans le Christe elei son. Le Gloria permit cependant de déceler quelques faiblesses de l’ensemble : le pupitre des ténors manqua d’homogénéité sur le bonae voluntatis en laissant quelques belles voix se distinguer de l’ensemble, les basses manquèrent de précision et le Quoniam manqua de nervosité et de détaché pour l’acoustique de l’église. On y aura cependant admiré la beauté des phrasés des altos sur le Domine Deus. Le Benedictus fut l’occasion d’un très bel a cappella, sans doute le moment le plus réussi de l’œuvre avec l’Agnus Dei, où les beautés harmoniques, la fluidité des lignes de chant, notamment des sopranos et des ténors sur les miserere, et la délicatesse des nuances ont permis de conclure magnifiquement l’œuvre. Celle-ci est une très belle découverte, mais on a pu regretter une direction un peu froide et uniforme, ne donnant pas tout le souffle et le romantisme attendus dans cette messe solennelle.

La seconde partie du concert fut consacrée au Concerto pour orchestre et orgue de Poulenc. De cette œuvre magnifique, nous l’avouerons d’emblée, nous n’avons entendu que peu de parties. Bien qu’assis dans les premières travées de la nef, nous n’avons souvent pas pu distinguer l’orchestre, écrasé par les jeux surpuissants de l’orgue. Il est à regretter qu’un meilleur équilibre sonore n’ait pu être trouvé par le retrait de quelques jeux. Nous avons cependant pu apprécier le beau lamento des cordes au premier mouvement, la nervosité et les couleurs suaves de l’orchestre au deuxième mouvement, malgré certaines attaques manquant d’incisivité et une direction insuffisamment nuancée. Le troisième mouvement, doux et lent, fut le plus réussi : l’orgue chuchotait tandis que les cordes déployaient d’élégantes lignes mélodiques interprétées avec sensibilité. Le mouvement final fut le retour de l’écrasement de l’orchestre par l’orgue. On y distingua cependant un magnifique solo à l’alto pendant que l’orchestre prenait les couleurs profondes et dramatiques du Stabat Mater du même compositeur. Durant toute l’œuvre, tous ont apprécié le jeu virtuose et sensible de Thierry Escaich à l’orgue.

Au final, ce concert fut l’occasion d’apprécier les qualités de ces jeunes mas déjà très bons musiciens, que leurs directeurs musicaux ont su hisser à un haut niveau d’exigence. Le chœur a ainsi remercié Denis Rouger qui le dirigeait pour la dernière fois. Si ces Voix du Printemps sont tout juste écloses, il est permis de parier que leurs talents les feront très vite s’épanouir.

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- Paris
- Eglise Saint-Louis des Invalides
- 24 mars 2011
- Thierry Escaich (né en 1965), In Memoriam Duruflé
- Louis Vierne (1870-1937), Messe solennelle en ut # mineur Op.16
- Francis Poulenc (1899-1963), Concerto pour orgue
- Chœur de Paris-Sorbonne. Chef de chœur, Denis Rouger
- Thierry Escaich, orgue
- Orchestre de Paris-Sorbonne
- Johan Farjot, direction






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