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Le Trio Talweg à Horrues

mardi 30 juin 2009 par Richard Letawe
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Trio Talweg
© Nicolas Brasseur

Pour le dernier rendez-vous de son édition 2009, l’Eté musical d’Horrues invitait le Trio Talweg pour un beau et exigeant programme, qui a attiré un public beaucoup plus nombreux que la veille, avec les deux Trios à clavier et le notturno de Schubert. On en attendait beaucoup, eu égard à la belle réputation du jeune Trio Talweg ; malheureusement, le résultat s’est avéré très mitigé.

Le Trio Talweg rencontre avant tout des problèmes d’équilibre et de cohésion : le violoniste Sébastien Surel semble en méforme, commet des fréquents dérapages, exhibe une sonorité assez terne, et joue tout très raide, n’arrivant jamais à faire oublier les difficultés que lui pose la partition. Sébastien Walnier est quant à lui très timide : son violoncelle sonne étriqué, ses phrasés manquent d’ampleur et de conviction. Son jeu est honorable, mais jamais transcendant, et si la comparaison est un peu injuste, on ne cesse de faire le rapprochement avec la prestation si épanouie de Marie Hallynck la veille, dans des œuvres de moindre envergue pourtant. Finalement, le seul membre du trio à prendre la mesure de sa tâche est Alexander Gurning, techniquement au point, qui donne beaucoup de relief à la partie de piano, et qui tient autant que faire se peut l’église au milieu du village. Malgré ses efforts, et la belle qualité de son discours, on ne peut qu’être déçu par le jeu disparate que produisent les trois instrumentistes.

Outre ces problèmes d’équilibre, et la technique un peu défaillante du violon, ce qui suffit déjà partiellement à disqualifier la soirée, on ne peut dire que l’interprétation en elle-même soit de nature à faire oublier la technique : les Talweg jouent Schubert avec une énergie louable, mais surtout beaucoup de muscle, et très peu de nuances, d’élégance, et de tendresse. Globalement, le Trio n°1 est le plus discutable : dur, brutal, et disgracieux, avec en point d’orgue un troisième mouvement joué avec autant d’esprit et de souplesse que de la musique militaire. Sans faire d’étincelles, le Trio n°2 est mieux venu, plus souple, moins musculeux, bénéficiant d’un deuxième mouvement habité, il serait même plaisant si son écoute n’était pas régulièrement troublée par les duretés du violoniste, et si son finale ne manquait pas autant de cohésion.

Les Talweg nous doivent une revanche. Quant à l’Eté musical d’Horrues, ce dernier concert décevant ne saurait faire oublier l’excellente tenue du reste du programme. On espère retrouver le festival, sa fondatrice et sa sympathique équipe en pleine forme l’année prochaine, pour une édition qui, qu’elle soit de taille réduite comme cette année, ou de format plus ambitieux, rassemblera encore, on n’en doute pas, des artistes de grande qualité.

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- Horrues
- Eglise Saint-Martin
- 21 juin 2009
- Franz Schubert (1797-1828),
- Trio avec piano no 1 en Si bémol majeur, D898 Op. 99 ; Trio n°2 en Mi bémol majeur D929 Op.100 ; Notturno en Mi bémol majeur D987 Op.148
- Trio Talweg : Sébastien Surel, violon ; Sébastien Walnier, violoncelle ; Alexander Gurning, piano











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