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Le SOV termine son intégrale Brahms

lundi 21 janvier 2008 par Richard Letawe

Pour son dernier programme de l’année, que nous entendons au Singel d’Anvers, le SymfonieOrkest Vlaanderen confrontait deux compositeurs entre lesquels les liens furent nombreux, Brahms et Dvorak. Quelques danses hongroises de Brahms font les bis à peu près inévitables des orchestres en tournée, mais rarement plus. En trouver une série en ouverture de programme est donc bienvenu, d’autant que celles choisies ici, toutes orchestrées par Dvorak, ne figurent pas parmi les plus connues. Le SOV, qu’Etienne Siebens dirige par petites touches, les joue avec du charme et de l’esprit. Les sonorités sont brillantes sans être clinquantes, et l’orchestre donne aussi de la profondeur et du sentiment à ces œuvres, notamment dans l’avant-dernière, sur laquelle flotte une sorte de voile nostalgique.

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Jan Michiels
DR

Vient ensuite le concerto pour piano de Dvorak, œuvre magnifique mais trop rarement jouée, du fait que le piano y est traité comme un instrument parmi les autres, sans volonté de bravoure, laissant peu d’occasions au soliste de briller. Les défenseurs de cette partition sont donc rares, ce qui prive le public d’un concerto inspiré, au romantisme ardent, dans lequel Dvorak fait preuve de son habituelle inventivité mélodique. C’est le pianiste belge Jan Michiels, lauréat du Concours Reine Elisabeth de 1991, qui tient la partie soliste. Il réalise une prestation très propre, pleine d’entrain et de détermination. Son jeu est rythmé et véloce, avec des doigts précis, qui ne s’appesantissent pas. Le mouvement lent est admirablement équilibré, simple, gracieux, naturel, et d’une légèreté de toucher splendide, alors que le finale est effervescent, vigoureux, plein de joie et d’allant. L’accompagnement assuré par Etienne Siebens, clair, équilibré, frais et mordant est au dessus de tout soupçon, et confirme les qualités d’interprète de Dvorak du chef, dont on espère qu’il se lancera un jour dans les poèmes symphoniques, qui sont les véritables chefs d’œuvre orchestraux du compositeur.

Depuis maintenant plus de deux ans que nous les suivons, Etienne Siebens et son orchestre ont joué les première, deuxième et troisième symphonies de Brahms, en plus de diverses autres œuvres. L’intégrale symphonique s’achève aujourd’hui avec une quatrième qui fait figure d’aboutissement. Les interprètes n’ont pas changé leur fusil d’épaule depuis le début de cette intégrale, et continuent dans cette quatrième à appliquer les mêmes principes de jeu. Le vibrato est donc toujours utilisé avec parcimonie, les articulations sont courtes, les tempi rapides, les phrasés allégés. La symphonie de Brahms y gagne une clarté rayonnante. On est loin ici des bains de cordes habituels des interprétations traditionnelles, les équilibres entre les pupitres sont remis à jour, les compteurs sont à zéro, les oreilles sont débouchées.

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SOV
DR

Très maîtrisé, le premier mouvement est d’une énergie dévorante, mais aussi d’une rigueur et d’une clarté impressionnantes. Jamais sec, il fait entendre un son d’orchestre fin, mais nourri et musclé. Suivant un tempo très allant, l’andante moderato est d’une impeccable concision, sans épanchement, sans alanguissement, mais d’une efficacité remarquable, et les interventions des vents y sont douces et nostalgiques. La volonté d’allègement du chef donne ses meilleurs effets dans un Allegro giocoso nerveux, bourré d’énergie, mais jamais inutilement bruyant ou écrasant. Enfin, la légèreté et la puissance du dernier mouvement, dont la passacaille est dessinée avec des phrasés admirablement profilés et une précision stupéfiante, est le couronnement de cette interprétation qui allie la générosité expressive, la rectitude rythmique et l’intelligibilité structurelle.

Chauffé à blanc par son chef, le SOV joue avec un engagement et une classe admirables. Les cordes sont souples, d’une admirable discipline, et donnent une belle richesse de sonorités et de couleurs. Les bois, point fort de l’orchestre, offrent quelques solos de toute beauté (une flûte dans le finale, légère, gracieuse et imprévisible !), et font preuve de leur précision coutumière, et les cuivres se tiennent magnifiquement.

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- Anvers
- deSingel
- 23 décembre 2007
- Johannes Brahms (1833-1897), Danses Hongroises n°17-21 (orchestration par Dvorak), Symphonie n°4 en mi mineur Op.98 ; Antonin Dvorak (1841-1904), Concerto pour piano en sol mineur Op.33
- Jan Michiels, piano
- SymfonieOrkest Vlaanderen
- Etienne Siebens, direction











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