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Amsterdam

Le SOV s’exporte

SymfonieOrkest Vlaanderen
samedi 17 novembre 2007 par Richard Letawe
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Marie Hallynck
DR

Au Concertgebouw d’Amsterdam, quand la saison régulière se termine, ce sont les concerts d’été qui prennent le relais : au moins un concert de musique classique ou de jazz par jour du 30 juin au 31 août.

Tous les nombreux orchestres que comptent les Pays-Bas sont présents, ainsi que des invités tels que l’Orchestre du Capitole, La Petite Bande, l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg, ou l’Orchestre de la Radio de Francfort. Voilà une programmation d’été qui en deux mois en propose plus que de nombreuses villes européennes durant toute l’année !
Le SymfonieOrkest Vlaanderen était l’invité de cette série d’été pour deux concerts, le premier avec les guitaristes Los Romeros, et le second une semaine plus tard avec la violoncelliste Marie Hallynck.

Le concert débute par Along the shores of Lorn, une pièce du compositeur anversois Luc Brewaeys, commande du SOV, qui l’a créée en 2005. Le titre de cette œuvre en un mouvement comprenant quatre sections est la première phrase figurant sur l’étiquette de bouteilles de whisky Oban. C’est une pièce sans grande originalité, assez aride, et au chromatique systématique, qui use de longues tirades des cordes, ponctuée par de brèves stridences des instruments à vent. La quatrième partie cependant, plus douce et plus expressive, propose de belles combinaisons de timbres, et quelques effets sonores intéressants, produits par les deux clarinettes, qui sont placées à l’opposé l’une de l’autre, et qui jouent avec le pavillon directement au dessus des timbales. L’accueil du public est poli,
sans plus.

On retrouve ensuite Marie Hallynck dans le concerto pour violoncelle de Dvorak, qu’elle avait déjà joué avec le SOV il y a quelques mois. L’interprétation est cependant fort différente, car ce n’est plus l’invité Philip Dean qui dirige, mais le chef-dirigent Etienne Siebens. Celui-ci propose un accompagnement beaucoup plus personnel, il allège la sonorité de l’orchestre, raccourcit les phrasés, dynamise les transitions. Son orchestre est vif et tranchant, parfois un peu rude, mais assez poétique, retrouvant la veine rustique et bohémienne de l’œuvre. Cet accompagnement se conjugue parfaitement avec le jeu de Marie Hallynck dans les premier et troisième mouvements. La violoncelliste joue comme d’habitude ce concerto avec beaucoup de cœur, d’engagement et d’énergie. Son entrée est un peu nerveuse, mais elle se ressaisit vite, maîtrise bien son sujet et déploie une magnifique sonorité, ronde et pleine, malgré une intonation qui n’est pas toujours irréprochable. Dans le mouvement lent, le dialogue est plus conflictuel, car la soliste s’oppose ici à l’orchestre : on la sent prête à s’épancher et à mener un tempo plus étiré, mais le chef est implacable, et maintient strictement la cadence, pour parvenir à un résultat éruptif mais convaincant.

Après la pause, le SOV termine le concert avec la deuxième symphonie de Brahms, l’un de ses compositeurs de chevet. Etienne Siebens en donne une version directe, enthousiasmante, et qui avance. Jouée comme d’habitude sans vibrato, la symphonie est lumineuse et acérée, avec une articulation bien nette, des phrasés incisifs, et un équilibre entre les pupitres très fin, malgré les redoutables pièges acoustiques de la salle.
Le SOV se comporte de façon glorieuse, avec des vents pertinents et poétiques, mais surtout des cordes en progrès constants, à la sonorité soyeuse, et à la discipline exemplaire. Le bouillant public du Concertgebouw semble ravi, accordant tant au concerto qu’à la symphonie une ovation debout qui a dû faire plaisir aux musiciens du SOV, habitués à jouer pour un public belge plus réservé. Le Concertgebouw accueillera encore le SOV le 02 mars de l’année prochaine, pour un concert du dimanche matin.

Marie Hallynck se produira au prochain Festival Juventus qui se tiendra à Cambrai du 02 au 14 juillet.

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- Amsterdam
- Concertgebouw
- 18 août 2007
- Luc Brewaeys (né en 1959), Along the shores of Lorn
- Antonin Dvorak (1841-1904), Concerto pour violoncelle en si mineur Op.104
- Johannes Brahms (1833-1897), Symphonie n°2 en Ré majeur Op.73
- Marie Hallynck, violoncelle
- SymfonieOrkest Vlaanderen
- Etienne Siebens, direction






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