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Le SOV invite un chef prometteur (et enregistre un disque avec Pieter Wispelwey)

lundi 14 décembre 2009 par Richard Letawe
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Seikyo Kim
© Eisuke Miyoshi

Deuxième concert de la saison pour le SOV, que nous entendons au Bijloke de Gand, et à nouveau un programme très intéressant avec les rares Suite en La majeur de Dvorak Symphonie pour violoncelle et orchestre de Britten, et les célèbres Enigma Variations d’Elgar.

Pour diriger ce concert, le jeune chef japonais Seikyo Kim, dont la carrière s’est jusqu’ici essentiellement déroulée au japon, et qui figure parmi les successeurs potentiels d’Etienne Siebens au poste de chefdirigent du SOV pour la saison prochaine.

La Suite en La majeur, aussi connue sous le titre de « Suite Américaine » a été composée par Dvorak à New York. Entre les célèbres, Quatuor américain, Symphonie du Nouveau Monde, Concerto pour violoncelle qui datent tous de la même époque, elle a un peu de mal à se faire une place, malgré son charme et sa qualité d’écriture. Elle est composée d’abord pour piano et orchestrée plus tard par le compositeur.

Seikyo Kim fait vivre cette partition méconnue avec beaucoup d’assurance et de talent. Sa direction rend bien le charme de l’œuvre, et son caractère tour à tour léger et nostalgique. La précision rythmique est au rendez-vous, spécialement dans le redoutable deuxième mouvement. L’orchestre est plutôt vif et brillant, quoiqu’on puisse noter quelques déséquilibres causés par des bois un peu trop saillants. En revanche, le duo du hautbois et de la flûte, agrémenté des tintements du triangle dans le mouvement final est tout à fait pétillant.

Pieter Wiespelwey fait ensuite son apparition pour la Symphonie pour violoncelle et orchestre de Britten. Comme à son habitude, le violoncelliste néerlandais se lance dans la musique avec une générosité expressive et un allant peu communs. Pas de finasserie ici, mais un jeu direct, un son plein, au grave d’une grande richesse, et une manière de faire sienne la partition, d’en saisir tous les tourments qui est le propre des grands interprètes. Pieter Wispelwey n’a peut-être pas la technique la plus étincelante parmi les virtuoses du violoncelle, ni le jeu toujours le plus raffiné, mais son investissement dramatique, l’électricité qu’il dégage promettent toujours des interprétations sans concession. Exigeante et sombre, cette Symphonie de Britten est ainsi reçue par le public avec beaucoup de bienveillance et d’attention chaleureuse.

L’orchestre fait lui aussi un travail à la hauteur de l’enjeu ; il faut préciser que Pieter Wispelwey doit être un des solistes les plus communicatifs, les plus attentifs au dialogue avec un orchestre qui soient [1].

Le concert se termine par une version également enthousiasmante des Variations Enigma, dont Seikyo Kim propose une lecture scintillante, à la légèreté et à la clarté très chambristes. Les variations lentes, dont le célèbre Nimrod y manquent peut-être un peu d’ampleur et de majesté, encore que cette absence résolue de pathos soit préférable à la posture torturée qu’on y observe parfois, mais les pages animées sont d’une finesse et d’une vivacité bienvenues, en particulier le très gracieux intermezzo Dorabella, où les instrumentistes ont l’agilité de lutins facétieux. Quant au finale, sa verve enjouée est irrésistible, et surtout, on l’entend rarement aussi distinctement, malgré son orchestration quelque peu touffue.

Seikyo Kim est donc un chef très intéressant- choix du programme, mais aussi interprétation-, qui semble avoir séduit les musiciens du SOV. L’entente n’était évidemment pas parfaite (des problèmes d’équilibre furent aussi à noter dans Elgar), mais le style de ce chef est clair, souple et précis, et il a mis rapidement sa marque sur l’orchestre en obtenant une sonorité brillante et légère, différente de celle du chef principal actuel. S’il est l’élu, son association avec le SOV est plus que prometteuse.

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- Gand
- Bijloke
- 28 novembre 2009
- Antonin Dvorak (1841-1904), Suite en La majeur B190 Op.98
- Benjamin Britten (1913-1976), Symphonie pour violoncelle et orchestre Op.68
- Edward Elgar (1857-1934), Enigma Variations
- Peter Wispelwey, violoncelle
- SymfonieOrkest Vlaanderen
- Seikyo Kim, direction

[1Le disque était enregistré au lendemain des concerts, il sortira chez Onyx.






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