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Le SOV dans Mahler et Schubert

dimanche 8 mars 2009 par Richard Letawe

Deux symphonies viennoises au programme de ce concert du SOV, entendu ce soir au Bijloke de Gand. L’une, la Symphonie n°3 de Schubert faisant partie du registre naturel de cet ensemble d’une soixantaine de musiciens, qui se consacre en priorité au répertoire du début du romantisme, alors que l’autre, la Quatrième de Mahler, est nettement plus inattendue, et constitue d’ailleurs à notre connaissance une première pour l’orchestre.

Etienne Siebens et ses troupes proposent une troisième symphonie de Schubert qui bouscule les habitudes, mais qui se révèle en fait tout simplement idéale de fraîcheur et d’enthousiasme. Le premier mouvement, avec ses articulations très courtes, ses phrasés acérés et son énergie débordante est certes un peu pétaradant par moments, mais l’engagement des codes, l’harmonie resplendissante, et des tutti impeccables, aérés, à l’équilibre souverain, procurent un plaisir revigorant.

Finement dessiné par des violons déterminés, le mouvement lent est aussi très louable, à peine troublé par une flûte dont les solos manquent par instant de projection et de délié. L’entente entre le chef et ses musiciens est ensuite à son zénith dans un troisième mouvement au menuetto plein d’autorité, d’une vigueur presque martiale, contrastant avec un trio doux et rêveur, au rubato très subtil et naturel.

Enfin, le presto vivace, mené à un tempo audacieux, où les cordes font preuve d’un engagement très impressionnant, sans perdre en précision d’articulation, est une conclusion tout à fait bienvenue à cette exécution réjouissante, pleine de franchise et de caractère, mais que ne semble pas apprécier un public gantois bien tiède.

Par rapport aux « monstres » que sont les symphonies « Résurrection », « des Mille », ou bien encore la troisième, la symphonie n°4 est une « petite chose », qui nécessite un orchestre nettement plus sobre. Néanmoins, voir un effectif de cordes inchangé par rapport à Schubert est un peu inquiétant, et de fait, le déséquilibre sonore entre les cordes et les autres pupitres est assez flagrant, et donne des tutti agressifs, aux cuivres et percussions trop saillants par rapport à des graves manquant de corps. De plus, Etienne Siebens semble avoir opté pour une lecture coup de poing, vive et tendue, mais privée de charme, de tendresse et de merveilleux, au caractère plus symphonique que chambriste. Après deux premiers mouvements mécaniques et sans relief, il faut attendre le Ruhevoll pour enfin entendre un son plus amène et moins dur. Là enfin, les cordes sont plus fermes, et conduites avec beaucoup de douceur et de simplicité, font preuve de chaleur, et osent des phrasés éloquents. Malgré le contentement qu’apporte ce Ruhevoll, c’est quand même le dernier mouvement qui restera le plus intéressant, grâce à un orchestre plein de tact, et surtout grâce à la présence de la jeune soprano belge Hendrickje Van Kerkhove, dont nous avions déjà souligné les mérites à l’occasion du Deutsches Requiem à Liège. Elle le chante avec un mélange de charme, d’assurance et de simplicité désarmant, sans en faire trop, d’une voix idéalement adaptée à ce lied.

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- Gand
- Bijloke
- 20 février 2009
- Franz Schubert (1797-1828), Symphonie n°3 en Ré majeur D200
- Gustav Mahler (1860-1911), Symphonie n°4 en Sol majeur
- Hendrickje van Kerkhove, soprano
- SymfonieOrkest Vlaanderen
- Etienne Siebens, direction











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