ClassiqueInfo.com




Le Quatuor Ebène joue Bartók

samedi 12 juillet 2008 par Benoît Donnet
JPEG - 19.3 ko
© Quatuor Ebène

Le programme de fin de soirée de cette deuxième journée de festival incluait les trois premiers quatuors de Béla Bartók, interprétés par le Quatuor Ebène. Des œuvres difficiles auxquelles la vaillante formation rend pleinement justice.

Il faut bien dire que pour une grande partie du public présent ce soir, la musique de Bartók a dû sembler difficile, et les bâillements se sont multipliés parmi l’auditoire. Ces trois premiers quatuors voient la synthèse, par un compositeur déjà mûr et original, d’influences variées, incluant Debussy, Schönberg, l’école de Vienne, Dvorak ou Stravinski. D’une musique tourmentée, agitée, dramatique, les quatuors exploitent des effets harmoniques audacieux et troublants, et une palette de sonorités qui excède parfois le cadre tonal : chromatismes, glissandi. Entre les trois œuvres, l’évolution du compositeur vers un style plus noir, plus personnel aussi, est sensible, et ce concert nous permet de percevoir combien leur valeur musicale est élevée et sans doute un peu sous-estimée par le monde musical actuel.

Pour interpréter ces chefs d’œuvre complexes, le Quatuor Ebène s’en est très bien tiré. Il a évité les écueils techniques, livrant une prestation presque sans faille – malgré quelques confusions rythmiques, notamment dans le difficile – mais artistiquement très réussi – deuxième volet du Quatuor n°2. Au-delà d’un déchiffrage propre, les Ebène transmettent une lecture vive et convaincante des œuvres, vision engagée et expressive qui rend bien le caractère profondément pathétique et sombre de ces pièces ambiguës. Si la violence des attaques, le mordant des contrastes sont bien présents ici, pour un résultat à coup sûr excitant et plus qu’honorable, le quatuor n’a pas refusé une certaine poésie mystérieuse plus introvertie, faite de douleur plus ou moins contenue et de méditation. Leur sostenuto très bien défendu, la tension de leurs phrasés, leur dialogue équilibré mais sans politesses donnent un résultat éprouvant pour l’auditeur, prenant et qui bouleverse.

Un concert tardif une nouvelle fois très convaincant : le festival de Saintes part sur de bonnes bases, une fois de plus !

Lecteurs, artistes, éditeurs, organisateurs de concerts, notre article vous a intéressé ?
Vous désirez lâ€â„¢insérer dans votre revue de presse ?

"Nous serons ravis de le voir mentionné sur votre site internet. Vous pouvez, sans autorisation préalable de notre part, en extraire de courtes citations, à la condition expresse quâ€â„¢un lien *fonctionnel* soit fait vers notre site.

En cas de citation sur un support papier, les noms de lâ€â„¢auteur et de notre site doivent être obligatoirement mentionnés.

Pour toute précision, nâ€â„¢hésitez pas à contacter notre rédaction : richard.letawe(at)classiqueinfo.com"

- Saintes
- Abbaye aux Dames
- 11 juillet 2008
- Bela Bartok (1883-1946), Quatuors à cordes nos 1, 2 et 3
- Quatuor Ebène, Pierre Colombet, Gabriel Le Magadure, violons 1 et 2 ; Mathieu Herzog, alto ; Raphaël Merlin, violoncelle






Accueil | Contact | Plan du site | | icone statistiques visites | info visites 810897

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Musique de chambre   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.16 + AHUNTSIC

Creative Commons License