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Le Freischütz à Toulon : un orchestre méconnaissable !

lundi 31 janvier 2011 par Cyril Brun
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©Frédéric Stephan

Disons-le d’emblée, Laurence Equilbey a métamorphosé l’orchestre de l’Opéra de Toulon. Force, finesse, rigueur, précision, clarté de la ligne musicale, équilibre, respiration des nuances, unité, osmose même … tout y était. Un orchestre comme on ne l’avait pas entendu depuis au moins trois ans !

Si l’adage « il n’y a pas de mauvais orchestres mais de mauvais chefs » est vrai, il s’est concrètement illustré ce dimanche sous les doigts de Laurence Equilbey. On la connaît décidée, travailleuse et exigeante ; on sait ce qu’elle a fait de son ensemble Accentus. Son talent de chef, sa conviction d’interprète ont ressaisi un orchestre laissé à lui-même depuis bien longtemps. On ne peut toutefois pas en dire autant du chœur. Et il est fort probable que Laurence Equilbey ait au moins autant souffert que le public des approximations et des dictions difficiles tant des chœurs d’hommes que des chœurs de femmes. Des voix essoufflées par le rythme, poussives dans l’aigu ont, de fait, desservi l’interprétation équilibrée de la jeune chef. Entre romantisme et classicisme, il n’y avait pas à choisir et Laurence Equilbey a tout simplement mis merveilleusement en lumière la transition stylistique que représente ce Freischütz de Weber. Une véritable ouverture au romantisme sans araser l’écriture classique, il n’en fallait pas moins pour donner tout son relief et mettre en exergue le caractère novateur que représenta cet opéra d’un genre nouveau à l’époque.

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©Frédéric Stephan

À la lecture du programme, on pouvait être inquiet de la mise en scène. Les explications de Jean-Louis Benoit nous ont livré une lecture, ma foi, fort originale du romantisme, laissant certains lecteurs de la salle pantois, quant au caractère psychopathe avec lequel on leur présentait ce pauvre Max. Le public, invité par le metteur en scène, non pas à pénétrer et à vivre les sentiments contradictoires de Max, se voyait introduit « dans son crâne »…. Curieuse façon de comprendre le romantisme à la lumière d’un XXe siècle névrosé. Heureusement la mise en scène fut plus sobre et la force intérieure de la musique se suffît à elle-même et remplît à merveille son office.

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©Frédéric Stephan

La distribution fut en revanche assez inégalement tenue. Kaspar fut brillant dans sa voix comme dans son jeu, tandis que Max semblait éteint et poussif (était-il malade ?), Agathe, au timbre de voix parfaitement approprié, fut admirablement soutenue par Annchen, à la fois grave et espiègle. Ottakar, d’une voix faible, tint toutefois son rôle, tandis qu’on se réjouissait de ce que l’ermite n’ait que peu de mots…. La seconde partie, ouvrant sur l’Acte III, fut cependant moins bonne. Outre le chœur en retard et jamais vraiment remis en place par le chef, le solo de violoncelle, faux, desservit la soliste qui pourtant sut fort bien tirer sa partie.

Enfin ultime fausse note…. les fautes d’orthographe du sur-titrage qu’on ne peut tout de même passer sous silence, même si, bien entendu, elles ne gâchèrent pas la décidément superbe présence de l’orchestre.

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- Toulon
- Opéra
- 30 janvier 2011
- Carl Maria von Weber (1786-1826), Der Freischütz. Singspiel en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind
- Mise en scène, Jean-Louis Benoit ; Costumes, Marie Sartoux ; Lumières, Joël Hourbeigt
- Agathe, Jacquelyn Wagner ; Annchen, Mélanie Boisvert ; Max, Jürgen Müller ; Kaspar, Roman Lalcic ; Kuno, Nika Guliashvili ; Kilian, Igor Gnidii ; Ottokar, Bartlomiej Misiuda ; L’Ermite, Fernand Bernadi ; Samiel,Jean-Michel Fournereau
- Chœur et Orchestre de l’Opéra de Toulon
- Laurence Equilbey, direction






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