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Le Concert bourgeois à Roisin

vendredi 29 août 2008 par Richard Letawe

Trois compositeurs wallons du XVIIIème Siècle sont au programme de ce deuxième concert de l’Eté musical de Roisin : le liégeois Jean-Noël Hamal, le hennuyer Gossec, et Victor François Joseph Mathurin, né à Douai, mais qui a fait toute sa carrière à Mons.

L’ensemble à l’œuvre ce soir est basé à Mons. Il reprend le nom du Concert Bourgeois, une société de concerts de la ville, créée en 1759 sous le patronage d’Anne-Charlotte de Lorraine. L’ensemble tente de faire revivre le patrimoine musical des Pays-Bas méridionaux au XVIIIème Siècle, tant par les concerts que par les travaux de recherche et d’édition de partitions.

Le programme comporte deux œuvres vocales, et deux œuvres instrumentales. Le court Magnificat de Victor Mathurin sollicite un quatuor vocal et la basse continue. La composition n’est pas d’une grande originalité, mais elle est assurément bien écrite, et comporte quelques passages au lyrisme doux et émouvant. Parmi les solistes vocaux, les messieurs se distinguent plus que les dames : le baryton-basse Bertrand Delvaux est sobre mais impliqué, et a un style vocal digne et un peu hautain parfaitement adapté à la musique liturgique, et le ténor Thibaut Lenaerts est un styliste remarquable. Chez les dames, Bénédicte Fadeux n’a pas de solo à assurer, alors que la soprano Mathilde Sevrin, très sollicitée, au timbre brillant mais froid, peine à contrôler des aigus souvent stridents. L’accompagnement est assuré par un orgue à la basse continue, et par un violoncelle concertant dont le jeu n’est pas d’une sûreté à toute épreuve.

Le Règne de Flore avec l’Hyver, cantate profane du liégeois Jean-Noël Hamal est une œuvre assez ambitieuse, qui nécessite deux chanteuses solistes, un chœur, et un orchestre avec cors. Citons le programme : « La cantate se présente comme une apologie de l’hiver, saison que l’on a manifestement tort de déplorer : Flore trouve en effet refuge auprès des habitants des villes sur le cœur desquels, avec la complicité de Vénus, elle règne manifestement mieux que sur ses fleurs !... La belle saison revenue, Cerès ravira Flore à nos cœurs, le retour de la belle saison en attristera plus d’un ! ». La cantate est agréablement composée, dans un style français typique, charmant et un peu superficiel. D’apparence simple, la musique nécessite quand même des interprètes de haut niveau, que nos protagonistes n’atteignent pas toujours. Bénédicte Faveux est la plus satisfaisante : malgré un souffle un peu court, elle fait preuve d’autorité dans ses airs, et projette remarquablement une voix à la tessiture assez centrale et au beau timbre sombre. Mathilde Sévrin résout une partie des problèmes rencontrés dans le Magnificat : la voix est plus stable et la justesse des aigus est plus constante, reste une impression de fragilité, comme si ce filet de voix pouvait casser à tout moment. La partition est redoutable pour l’orchestre, qui doit réaliser de nombreuses figures virtuoses : ce que les instrumentistes du Concert bourgeois, sauf des cornistes en forme, accomplissent dans la douleur. Les dérapages d’archet sont réguliers, les grincements nombreux, et la sonorité des cordes est d’une verdeur et d’une dureté rares. Nous ne nous étendrons pas sur les deux pièces orchestrales du programme, de Jean Chrétien Bach et de Gossec, qui souffrent des mêmes défauts de justesse, de confort sonore et de cohésion.

Malgré un programme alléchant, ce concert n’a donc pas tenu ses promesses, la faute à une réalisation instrumentale qui n’était pas à la hauteur.

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- Roisin
- Eglise Saint-Brice
- 24 août 2008
- Johann Christian Bach (1735-1782), Quatuor à cordes en deux mouvements ; Victor François Joseph Mathurin (XVIIIe siècle), Magnificat pour quatre voix, violoncelle concertant et basse continue(1772) ; Jean-Noël Hamal (1709-1778), Règne de Flore avec l’hyver ; François Joseph Gossec (1734-1829), Sinfonia en Ré majeur pour cordes et deux cors.
- Le Concert bourgeois











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