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La symphonie du renouveau

samedi 9 février 2008 par Bertrand Balmitgère
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Eivind Gullberg Jensen
DR

La neuvième symphonie de Dvorak qui constituait le point d’orgue de cette soirée peut être qualifiée de renouveau, au moins dans une perspective artistique.

Ce concert fera date car il marque une étape importante dans le retour en grâce de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg. La dernière décennie avait laissé le souvenir d’une phalange en perte de vitesse, avec une direction musicale plus que contestée. En à peine un an de fonction, Marc Albrecht le nouveau directeur musical de l’OPS, a déjà fait oublier l’ère Latham Koenig, et le public toujours plus nombreux au Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg comme ce soir, ne s’y trompe pas.
Encore fallait-il transformer l’essai à la scène, ce fut encore chose faite ! Evoquons donc cette neuvième symphonie de Dvorak, qui clôturait le concert. Il n’est pas question de comparer l’OPS avec une formation d’un rang supérieur, car là n’est pas notre propos. Il faut rester objectif et laisser à Strasbourg la place qui est la sienne, celle d’un bon orchestre national français. Rang auquel il fait honneur en ce moment.

Le chef invité ce soir était Eivind Gullberg Jensen, qui il faut l’avouer, au delà d’une impressionnante présence physique, est un chef en devenir qu’il faudra suivre, car il a démontré une très bonne maitrise de son art, dans une œuvre qui peut vite sembler rabâchée si elle n’est pas menée avec talent et vitalité. Ecueils que Jensen a su brillamment éviter. Le chef choisit d’entrée des tempi rapides, menant ses troupes avec beaucoup d’allant. L’orchestre répondant parfaitement à ses attentes, tout en légèreté, avec des violons sublimes et virtuoses. Les cuivres étaient bien présents, et malgré quelques fausses notes pardonnables en concert, donnaient encore plus de relief à chaque moment clef de l’œuvre. Mention spéciale à la flutiste solo qui était, on peut le dire, parfaite. On peut vraiment adresser un satisfecit d’ensemble à tout l’orchestre qui a su profiter de cette partition idéale pour mettre en valeur ses qualités. C’était en effet un rendez vous à ne pas manquer, et le public qui était lui aussi bien présent, était demandeur et attendait beaucoup de son orchestre. On ne peut que se féliciter que cette rencontre fut couronnée de succès.

Mais cette symphonie ne doit pas éclipser le reste du programme. Il a permis de découvrir au-delà de l’ouverture Léonore 1 de Beethoven, là aussi remarquablement exécutée mais plus anecdotique, un vrai talent. Celui du jeune violoncelliste allemand Johannes Moser dans les Variations rococo de Tchaïkovski.

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Johannes Moser
DR

Car hormis le fait qu’il s’agit d’un personnage souriant et jouissant d’un très bon contact avec le public et l’orchestre, Moser est avant toute chose un artiste intéressant. Il se dégage de lui une rare concentration, une capacité à transcender chaque note, de lui donner un surplus d’intensité. C’est un vrai spectacle à lui seul, et pourtant c’est fait avec tellement de simplicité, là est la force de cet artiste que nous reverrons vite espérons-le avec plaisir.
Un concert encourageant, un de plus, qui en appelle d’autres !

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- Strasbourg
- Palais de la musique et des congrès, salle Érasme
- 01 février 2008
- Ludwig Van Beethoven (1770-1827), Ouverture Leonore 1 Op.138 ; Piotr Ilitch Tchaïkovsky (1840-1893), Variations sur un thème rococo, pour violoncelle et orchestre, Op.33 ; Antonin Dvorak (1841-1904), Smphonie n°9 en mi mineur « Du Nouveau Monde » Op.95
- Johannes Moser, violoncelle
- Orchestre Philharmonique de Strasbourg
- Eivind Gullberg Jensen Direction





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