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La mer, le soleil et la tempête.

mercredi 8 octobre 2008 par Richard Letawe
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(c) Stéphane Dado

Après avoir visité le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay, après avoir ouvert le Festival Musica de Strasbourg, l’OPL commençait enfin ce vendredi sa saison liégeoise avec un menu très représentatif de sa programmation cette année, mêlant Beethoven, Webern et Debussy, sous la direction de Pascal Rophé, qui entamait ainsi sa dernière année en tant que directeur musical de l’orchestre.

Le concert débute donc avec l’inusable Cinquième de Beethoven, dans une version qui ne laissera pas de souvenirs, globalement sans intérêt, et même vaguement ennuyeuse. Pascal Rophé, qui n’est pas dans son répertoire de prédilection, y met pourtant de la bonne volonté, et sa direction est énergique et rythmée, mais il lui manque une respiration naturelle de cette musique, qui parait ici bien étriquée, sans conviction et sans audace, sauf un finale assez débraillé, mais bien enlevé. Peu tenu, l’Orchestre Philharmonique de Liège ne brille ni par l’engagement de ses cordes, aux basses modestes, ni par la précision de ses bois, où le hautbois seul joue à son meilleur niveau.

Heureusement, il y eut une deuxième partie à ce concert, qui tint toutes ses promesses. Il semble bien que le nom seul d’Anton Webern effraie encore le public, qui doit s’attendre à un rébarbatif déluge chromatique et glacé lorsqu’il lui est proposé. Comment sinon, expliquer la tiédeur de l’accueil réservé à Im Sommerwind, qui est pourtant une pièce de jeunesse au postromantisme très accessible, dont le langage très mahlérien ne devrait plus faire peur à personne, depuis sa création en 1962 [1]. On y sent Pascal Rophé bien plus à son affaire : la battue est plus souple, les gestes plus précis, le chef est bien campé sur ses deux pieds, alors qu’il sautillait sur son podium dans Beethoven. Il donne de cet « Idylle pour grand orchestre » une version raffinée, aux phrasés chaleureux, faisant amoureusement scintiller les timbres de l’orchestre. Les pupitres de l’OPL sont tous parfaitement en place, dialoguent noblement, et certains solistes, tels que la flûte, le hautbois, le konzermeister Richard Piéta, se montrent sous leur meilleur jour.

L’OPL avait emmené La Mer dans sa tournée sud-américaine, où il l’a jouée plusieurs fois. Cette familiarité des interprètes est sensible et particulièrement heureuse dans cette œuvre où ils évoluent avec aisance, en toute liberté apparente. Rophé et ses troupes s’engagent à fond dans une version épique, aux couleurs fortes et aux accents tranchés, et n’hésitent pas à lâcher les décibels pour faire sonner les grands rouleaux. C’est un Debussy très physique qui est proposé, où les délicatesses de coloris et les dosages de timbres sont un peu négligés par rapport à l’impact des grands écarts dynamiques, mais c’est une vision exaltante, qui évoque les tempêtes de l’Atlantique, et qui ose coller l’auditeur à son fauteuil. Excellente prestation de l’orchestre là encore, où tous les pupitres sont brillants et plein de santé, notamment des trombones luxueux.

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- Liège
- Salle Philharmonique
- 26 septembre 2008
- Ludwig Van Beethoven (1770-1827), Symphonie n°5 en ut mineur Op.67 ; Anton Webern (1883-1945), Im Sommerwind ; Claude Debussy (1862-1918), La Mer
- Orchestre Philharmonique de Liège
- Pascal Rophé, direction

[1Im sommerwind date de 1904, mais n’a pas été inclus par le compositeur à son catalogue officiel. L’œuvre n’a pas de numéro d’opus, et a été seulement retrouvée en 1961, pour être créée l’année suivante par Eugnèe Ormandy et le Philadelphia Orchestra






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