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La Festa di San Rocco

dimanche 28 septembre 2008 par Richard Letawe
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Chiesa di san Rocco, Venise
DR

Après un premier concert en plein air le 06 septembre sur le parvis de la cathédrale d’Amiens, le Festival des Cathédrales de Picardie prenait le week end suivant son véritable départ avec le vendredi Christina Pluhar, l’Arpeggiata et Philippe Jaroussky au château de Pierrefonds, et le lendemain à Notre-Dame de Noyon les ensembles Musica Fiata et la Capella ducale sous la direction de Roland Wilson.

On possède de la Fête de Saint-Roch [1] de Venise en 1608 le récit très détaillé d’un voyageur anglais, Thomas Coryat. Celui-ci est très admiratif pour la partie musicale de la cérémonie, « laquelle était à la fois vocale et instrumentale, si bonne, si délectable, si rare, si admirable, si excellente qu’elle ravit et stupéfia tous les étrangers qui n’avaient jamais rien entendu de tel. Je ne sais pas comment les autres en furent affectés ; mais pour ma part, je puis dire que je fus pendant ce temps transporté avec Saint-Paul au Troisième Ciel… ». Roland Wilson et ses troupes ont donc tenté ce soir de donner un aperçu des fastes sonores de la fête. Pari tenu grâce à un programme bien conçu, grâce au fait qu’on n’a pas lésiné sur l’effectif nécessaire, et grâce à une réalisation de bon niveau.

La majeure partie du programme est consacrée à la gloire musicale de la ville, Giovanni Gabrieli, qui était à l’époque premier organiste à Saint-Marc, et qui est l’auteur de la plupart des œuvres les plus fastueuses, alors que les autres pièces, généralement plus intimistes, sont signées par Alessandro Grandi, Giovanni Paolo Cima, Bartolomeo Barbarino, et Alessandro Piccinini. Ecrites pour des ensembles allant jusqu’à 33 voix : Buccinate in Neomenia à 19, Sonates à 14 et 15 voix Dulcis Jesu à 20, Magnificat à 33, les œuvres de Gabrieli nécessitent des effectifs conséquents, jusqu’à dix trombones, quatre cornets, violons, voix du chœur et basse continue. Le compositeur excelle dans l’art de spatialiser sa musique, faisant se répondre les groupes d’instruments placés à distance respectable les uns des autres. Les déplacements des instrumentistes sont nombreux entre les différentes œuvres, participant à l’ambiance cérémonielle du concert, sans qu’il y ait trop de temps morts, car les pièces à effectifs réduits, au climat plus tendre, nostalgique ou amer font office de liaison.

Les exécutants sont au nombre d’environ quarante. Ils donnent de grandes satisfactions, en particulier les nombreux (nous en avons compté douze) saqueboutiers, dont la maîtrise et les sonorités rayonnantes sont réjouissantes ; de même, les cornets, au nombre de quatre, sont puissants et précis, [2], et les luthistes se distinguent par leur jeu élégant et délicat [3]. En revanche, les violons, assez rêches, sont parfois un peu à la peine. Du côté des voix, on note un chœur excellent, et des solistes stylés mais assez atones ; les hommes étant plus convaincants qu’une soprano un peu éraillée.

Dirigeant la soirée, Roland Wilson maîtrise parfaitement les espaces et ordonne sans faillir les multiples groupes instrumentaux et vocaux. Sa direction claire et solennelle manque cependant un peu de contraste, et peine parfois à animer les différents épisodes. On regrettera également l’absence de pause dans le programme, qui en devient un peu fastidieux.

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- Noyon
- Cathédrale Notre-Dame
- 13 septembre 2008
- La Festa di San Rocco : Œuvres de Giovanni Gabrieli (1557-1612), Buccinate in Neomenia, Canzon, Dulcis jesu, Sonates, Audi Domine Hymnum, in Ecclesiis, Miericordia, Magnificat, Benedictus ; Giovanni Paolo Cima (1570-1622), Sonata per il violino, cornetto e violone ; Alessandro Grandi (1586-1630), O quam pulchra es, Cantemus Domino ; Bartolomeo Barbarino (1568-1617), O sacrum convivium, Toccata primi toni ; Alessandro Piccinini (1566-1638), Ciaccona in partite variate
- La Capella Ducale
- Musica Fiata
- Roland Wilson, direction

[1patron de la ville depuis la peste de 1576

[2On aura pris la mesure de leur talent, quand dans la sonate de Cima, Roland Wilson lui-même reprit en main l’instrument de ses débuts, avec un résultat un peu malheureux, et nettement moins convaincant que celui produit par ses jeunes collègues

[3Ils ont l’honneur de terminer le programme avec une magnifique chaconne, qui leur permet d’exprimer toute leur sensibilité






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