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La Créole d’Offenbach à Tourcoing

jeudi 12 mars 2009 par Richard Letawe
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Après avoir récolté un indéniable et mérité succès avec la célèbre Tosca, l’Atelier Lyrique de Tourcoing renouait pour son spectacle de début d’année avec un répertoire plus rare en programmant La Créole, opérette d’Offenbach.

La Créole est une histoire de mariage secret : René de Feuilles-Mortes feint d’épouser Antoinette, la pupille de son oncle, commandant dans la marine, qui organise le mariage pour caser son neveu et perpétuer son nom. Convoqué par son amiral, le commandant doit s’éclipser au moment où la cérémonie débute, ce qui permet la substitution de René avec Frontignac, le véritable amoureux d’Antoinette. Lorsqu’arrive Dora, ravissante créole que René a juré d’épouser à son départ de la Réunion, les ennuis se multiplient car celle-ci est également devenue la pupille du commandant, qui décide donc de la marier à l’homme qu’il croit libre, Frontignac. Après les quiproquos d’usage, et un enlèvement par le marin de tout la troupe sur son navire afin d’y faire célébrer le mariage, les couples peuvent enfin se former comme ils le souhaitent, et le commandant est promu au rang d’amiral.

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Le livret est loin d’être un chef d’œuvre, et contient pas mal d’invraisemblances [1], mais si on laisse la logique au vestiaire, il est assez plaisant, et a en tout cas permis à Offenbach de composer une musique stimulante et pleine de fantaisie.

Comme pour Tosca, la mise en scène a été confiée à Christian Schiaretti et Armand Decarsin, qui font un travail d’une honnêteté scrupuleuse, bien dirigé, qui suit le rythme musical et est drôle sans faire disparaître l’action sous une tonne de gags. La scène est occupée par un vaste podium, avec de chaque côté des rangées de chaises sur lesquelles peuvent s’asseoir les acteurs qui ne participent pas à l’action en cours. Le résultat est sobre et intelligent : avec quelques accessoires, le décor évolue au gré de l’action, sans qu’il soit nécessaire pour le spectateur de faire trop d’efforts d’imagination.

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La distribution de cette opérette est constituée d’acteurs convaincants, à l’aise dans la mise en scène, drôles sans en faire trop, et qui n’ont aucun problème à faire vivre les dialogues parlés, qui sonnent avec naturel. Les parties chantées sont en général satisfaisantes, surtout lorsqu’elles sont assurées par les impeccables Nicolas Rivencq, Alain Buet, Carl Ghazarossiant ou Jean Delescluses. Du côté des dames, le constat est un peu moins réjouissant, avec Marie Planinsek, très fraîche, mais qui devrait desserrer un peu les dents, ou bien Valérie Yeng Seng dans le rôle-titre, au timbre assez aigre et aux aigus mal assurés.

Notons pour terminer que le chœur, dont les membres font des acteurs sympathiques mais des chanteurs assez rugueux, est originaire de la Réunion, où cette production sera représentée en avril prochain.

Bien menée par un Jean-Claude Malgoire au mieux de sa forme, cette Créole fut un spectacle divertissant, et d’un bon niveau, confirme à l’excellente saison de l’Atelier Lyrique de Tourcoing jusqu’ici.

Prochain rendez-vous à Tourcoing ; l’Orfeo de Haydn, à partir du 15 mars.

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- Jacques Offenbach (1819-1880), La Créole. Opérette en trois actes et cinq tableaux.
- Mise en scène, Christian Schiaretti, Arnaud Decarsin ; Costumes, Thibaut Welchlin ; Lumières, Julia Grand ; Maquillages, coiffures, Emilie Vuez
- Dora, Valérie Yeng Seng ; René de Feuilles-Mortes, Jean Delescluses ; Le Commandant de Feuilles-Mortes, Nicolas Rivenq ; Antoinette, Marie Planinsek ; Monsieur de Frontignac, Carl Ghazarossian ; Quatre Epices, Holy Razafindrazaka ; Cartahut, Alain Buet ; Saint Chamas, Renaud Delaigue ; Le maire, Wolfgang Pissors ; Le notaire/ L’amiral, Bruno Journée
- Chœur Cantaréunion. Chef de chœur, Jean Louis Tavan
- La Grande Ecurie et Chambre du Roy
- Jean-Claude Malgoire, direction

[1dont la principale est que le Commandant de Feuilles-Mortes enlève le maire sur son navire pour célébrer le mariage, alors qu’il est bien sûr officier d’état civil à son bord






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