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La Camerata de Lausanne à Abbeville

samedi 18 juillet 2009 par Richard Letawe
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Staffan Martensson
© Alexander Kenney

Le Théâtre municipal d’Abbeville accueillait ce samedi après-midi dans le cadre du Festival de Saint-Riquier la Camerata de Lausanne, ensemble de jeunes instrumentistes menés par leur professeur au Conservatoire de Lausanne, Pierre Amoyal.

Pour commencer, le Concerto pour deux violons de Bach, dans une version robuste et énergique, mais manquant beaucoup de nuances, de variété dans les phrasés, de finesse dans l’articulation et de fantaisie rythmique. Sans surprise, ce Bach huilé et élégant est déroulé de façon trop mécanique pour susciter autre chose qu’un intérêt poli. En solistes, Pierre Amoyal lui-même, et Andrei Baranov, qui tient sa partie avec beaucoup de sérieux, et s’avère même plus solide et constant que son professeur, chaleureux et extraverti, auteur de traits brillants, mais qui se révèle aussi un peu instable.

Pour suivre, le Quintette avec clarinette de Weber, dans une version où les cordes sont doublées, ce qui le transforme en petit concerto, ce qui n’est guère choquant, car Weber y traite la clarinette sur un mode résolument solistique. Dès les premières mesures, il est frappant de constater à quel point la Camerata de Lausanne a un son riche et dense, doublé d’un somptueux legato, qui conviennent à merveille au répertoire romantique, et se marie heureusement avec le son rond et plein du clarinettiste Staffan Martensson. Celui-ci réalise une prestation jubilatoire : il dispose d’une technique très au point, il se joue avec virtuosité des difficultés de l’œuvre, et colore sa sonorité d’une manière très inventive.

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Camerata de Lausanne
DR

Le concert reprend on ne peut mieux après la pause avec le concerto pour archets de Nino Rota. Le compositeur italien a le don d’écrire dans la musique aimable, d’accès aisé, d’une intense séduction mélodique, mais sans tomber dans la facilité, sans ressasser des formules toutes faites, et en proposant souvent des harmonies très délicates. L’exécution de Pierre Amoyal et ses élèves est excellente : impeccable techniquement, très élégante, et très soignée du point de vue de la dynamique.

Pour terminer ce concert, l’œuvre la plus attendue, et la plus substantielle du programme, le glorieux Octuor de Mendelssohn. Malheureusement, c’est aussi l’œuvre dont l’interprétation est la plus discutable. D’abord, Pierre Amoyal en tant que primarius est ici franchement à la peine : si la sonorité est très belle, l’archet est encore plus instable que dans le concerto de Bach, et les fausses notes abondent. Très occupé à tenter de maîtriser sa difficile partie, il n’arrive pas à insuffler à ses partenaires le style et la conviction qui doivent régner dans cette œuvre. Tout le monde semble jouer ce qu’il a à jouer sans trop se préoccuper des autres, les fins de phrases sont aléatoires, l’équilibre entre les pupitres est précaire. Pas assez conquérant, le premier mouvement manque d’assurance, et donne une impression de grisaille et de contrainte, alors que les phrasés de l’andante sont souvent hargneux, e la sonorité d’ensemble assez agressive. Le scherzo, plus léger et plus ensemble, rétablit un peu la situation, mais le finale presto, musculeux, conquis à l’arraché, achève de plomber cette fin de concert, très décevante comparée aux deux œuvres précédentes.

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- Abbeville
- 11 juillet 2009
- Théâtre municipal
- Johann Sebastian Bach (1685-1750), Concerto pour deux violons en ré mineur BWV1043
- Carl Maria Von Weber (1786-1826), Quintette pour clarinettes et cordes en Si bémol majeur Op.34
- Nino Rota (1911-1979), Concerto pour archets
- Felix Mendelssohn (1809-1847), Octuor en Mi bémol majeur Op.20
- Staffan Martensson, clarinette
- Andrei Baranov, violon
- La Camerata de Lausanne
- Pierre Amoyal, violon et direction











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