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L’épatante Île de Tulipatan

mardi 17 janvier 2012 par Nicolas Mesnier-Nature

L’île de Tulipatan est un opéra-bouffe de Jacques Offenbach créé en 1868. L’orchestre comprend une quarantaine de musiciens. Il y a cinq rôles : Cacatois XXII, Duc de Tulipatan (ténor), Alexis, son « fils » (soprano), Romboïdal, son Grand Sénéchal (ténor), Théodorine, la femme de Romboïdal (mezzo-soprano) et Hermosa, la « fille » de Romboïdal (ténor). Les chœurs normalement présents dans la partition sont absents de cette représentation mais tenus par les solistes.

L’action est annoncée par micro et censée se dérouler sur l’île de Tulipatan située à 25000km de Nanterre, 473 ans avant l’invention du crachoir.

Les conventions du genre et le comique irrépressible du compositeur et des librettistes racontent cette histoire de « fils » en réalité fille et de « fille » garçon ! Sans livret sous les yeux (disponible sur boosey.com), il est bien difficile de définir la part d’improvisations et de rajouts de l’œuvre, qui, d’une heure annoncée, durera un bon quart d’heure supplémentaire. Avec plus de dialogues que de musique, les interprètes devaient se transformer en acteurs de vaudeville de premier ordre. Ce fut chose faite ce soir.

Le rôle principal est brillamment tenu par Flannan Obé en Hermosa. On ne peut même pas prendre en compte le surjeu interprétatif comme aune qualitative. Offenbach demande de l’extravagance, et nous l’avons ici. Le rôle d’Hermosa a besoin d’un véritable comédien-acteur tel que l’est Flannan Obé. Ses interventions seront celles qui déclencheront le plus de rires, mérités car l’individu se démène. Tout de suite derrière, la Théodorine de Sarah Laulan, extravagante à souhaits. Les rôles masculins duc Duc et du Sénéchal, grimés en éternels dindons de la farce, costumés en bouffons qui se prennent au sérieux, donc parfaitement ridicules. Seule curieusement, Laetitia Ithurbide paraît la plus « normale » dans ce monde décalé, miroir burlesque d’une société et de ses acteurs qui a traversé le temps pour trouver un écho toujours réel dans la société actuelle.

Deux moments typiques fonctionnent en diable : le trio du canard avec ses « coin coin » obligés, et le second grand air d’Hermosa dans lequel il imite sans paroles le jeu du trombone et du violoncelle. La Barcarolle finale ne manque pas non plus d’irrésistible.

Dans ces moments musicaux où l’on bouge beaucoup, il faut de la virtuosité que tous possédaient ce soir, et l’Orchestre de Besançon-Montbéliard Franche-Comté prend un plaisir évident à jouer cette farce.

Question décors, Yann Dacosta joue l’originalité simple mais très visuelle : un praticable symétrique revêtu de rose et entouré de guirlandes lumineuses permet aux artistes de se déplacer autour de l’orchestre scindé en plusieurs éléments par familles, les cordes se trouvant devant. A différents endroits, des mannequins blancs de vitrine à taille humaine – seuls éléments de décors - sont cassés ou travestis. Ils figurent bien les incarnations symboliques de l’ambiguïté identitaire d’Alexis et d’Hermosa.

Même allégé musicalement et scénographiquement, l’ouvrage de Jacques Offenbach réunit et fait rire communément toutes générations. Pas besoin d’en rajouter donc, tout cela était léger et de bon goût, comme il fallait.

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- Besançon
- Le Théâtre Musical
- 10 janvier 2012
- Jacques Offenbach (1819-1880) , L’île de Tulipatan
- Mise en scène, Yann Dacosta ; Costumes, Philippe Léonard ; Lumières Jean-Claude Caillard
- Hermosa, Flannan Obé ; Alexis, Laetitia Ithurbide ; Cacatois XXII, Frédéric Bang-Rouhet ; Romboïdal, François Rougier ; Théodorine, Sarah Laulan
- Orchestre de Besançon-Montbéliard Franche-Comté
- Samuel Jean, direction






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