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L’enfant et les sortilèges

mercredi 27 février 2008 par Richard Letawe
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©Vincent Jacques

Le Grand Théâtre de Reims reprenait en coopération avec Angers Nantes Opéra, une production de l’Enfant et les sortilèges de Ravel, créée à l’origine à l’Opéra de Lyon.

Cette production date de près de vingt ans, a été jouée des centaines de fois, mais elle semble avoir été créée hier, tant le duo Patrice Caurier-Moshe Leiser à la mise en scène a réalisé travail fin et soigné, simple, frais et amusant, et a réussi à donner au public une vision féerique et poétique de cette fantaisie lyrique. Le décor, très élaboré, propose la vision d’une chambre qui semble avoir été balayée par un cyclone. Les meubles sont de guingois, démantibulés, le sol est jonché d’objets, les draps du lit sont en pagaille. Les colères du garnement privé de sorties sont redoutables ! Ce décor est plongé dans une pénombre très étudiée, propice aux cachettes, aux mystères et aux chuchotements : la chambre est l’endroit rêvé pour laisser vagabonder son imagination. Surgissant de l’obscurité, objets, animaux et personnages viennent hanter l’enfant et révéler ses fantasmes. Bien dirigés, les acteurs sont très convaincants, à l’image de l’aguichante tasse de Delphine Galou, ou des chats au duo très provocateur.

La partition de l’Enfant et les sortilèges convoque à l’origine un orchestre important. Pour les besoins d’un spectacle aux moyens limités et appelé à tourner, elle a été réduite par Didier Puntos pour un piano à quatre mains, une flûte et un violoncelle. Ce quatuor inédit permet de ne pas trop perdre du génie de l’orchestration ravélienne, d’autant plus que les musiciens à l’œuvre, dont Didier Puntos lui-même, font preuve d’excellentes dispositions et ne commettent aucune faute.

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©Vincent Jacques

Vocalement, de très bonnes choses, et d’abord un satisfecit collectif : les paroles sont toutes prononcées dans un français intelligible et non caricatural. Les chanteurs sont au début de leur carrière pour la plupart, mais se lancent avec enthousiasme et maîtrise sur les planches. Parmi les plus en vue, on retiendra les noms de Delphine Galou, voix d’alto bien conduite, de Thomas Dolié, baryton plein de promesse, au chant franc et sain, récompensé depuis par une victoire de la musique, Simon Jaunin, déjà remarqué dans la récente Etoile au Luxembourg, et Virginie Pochon, radieuse princesse. Kareen Durand, en mal d’aigus, et Jean Louis Meunier, chevrotant, sont moins en verve. Enfin, Gaëlle Le Roi, mince silhouette, voix d’une constante fraîcheur est idéale dans le rôle de l’enfant boudeur.

Donné devant un public très jeune et visiblement captivé, ce spectacle n’a qu’un seul défaut, il est trop court.

Prochaine production lyrique à Reims : les Pêcheurs de perles de Bizet, dans une production venue de Shangaï, 28 et 30 mars.

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- Reims
- Grand Théâtre
- 08 février 2008
- Maurice Ravel (1875-1937), L’enfant et les sortilèges, fantaisie lyrique en deux parties sur un livret de Colette, partition adaptée par Didier Puntos
- Mise en scène, Patrice Caurier et Moshe Leiser ; décors, Christian Rätz ; costumes, Patrice Caurier ; lumières, Christophe Forey
- L’enfant, Gaëlle Le Roi ; la mère, la tasse, la libellule, Delphine Galou ; le fauteuil, l’arbre, Thomas Dolié ; la bergère, le pâtre, la chatte, l’écureuil, Simon Jaunin ; la théière, la reinette, le petit vieillard, Jean-Louis Meunier ; le feu, la pastourelle, le rossignol, la chouette, Kareen Durand ; la princesse, la chauve-souris, Virginie Pochon
- Didier Puntos, Frédéric Jouannais, piano à quatre mains ; José-Daniel Castellon, flûte ; Valérie Dulac, violoncelle











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