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L’Orchestre de l’Opéra de Rouen au Festival de Saint-Riquier

mardi 14 juillet 2009 par Richard Letawe
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Oswald Sallaberger
© Guy Vivien

L’Orchestre de l’Opéra de Rouen et son directeur musical Oswald Sallaberger étaient les invités ce soir du Festival de Saint-Riquier, dont la vingt-cinquième édition avait été lancée la veille par le Chœur régional Musicaa et l’Orchestre de chambre du Théâtre National de Prague.

Pour commencer le copieux programme de ce soir, la Symphonie « Oxford » de Haydn. Oswald Sallaberger et ses troupes en donnent une version très classique, énergique mais contrôlée, légère et enjouée, d’un équilibre admirable, et d’une lisibilité sans effort. Pour une formation dont l’essentiel de l’activité se situe dans la fosse, l’orchestre se conduit de façon plus qu’honorable : homogène, discipliné et très enthousiaste, manifestant une connaissance naturelle du style classique. Il manque un peu de précision et de constance dans le jeu des cordes, qui sont parfois stridentes (dans le finale surtout), mais qui savent aussi se montrer brillantes et subtiles en maintes occasions. Les cors sont délicieusement rustiques, et les instruments à vent réalisent un sans faute, en particulier les hautbois et les flûtes, à la sonorité très franche, qui apportent beaucoup de fraîcheur à l’andante, qui restera, pour l’articulation très fine que lui apporte le chef, le mouvement le plus intéressant de cette jolie interprétation.

Pour suivre, le concerto pour violon et hautbois de Bach, dont les solistes Jane Peters et Jérôme Laborde sont les chefs de pupitre de l’orchestre. Ici encore, l’interprétation est sans surprise, classique et sage mais sans pesanteur, et d’une excellente qualité. Ce petit orchestre semble en pleine forme, et s’entend très bien avec son chef, qui est déjà en poste depuis plus de dix ans. Les deux solistes fournissent une belle prestation, fine et musicale, quoique la violoniste manque parfois de puissance par rapport à son partenaire. Ici aussi, on retient d’abord le mouvement lent, un peu sucré et langoureux, mais terriblement charmeur.

Après la pause, la Symphonie n°1 de Beethoven, que Sallaberger situe résolument dans sa filiation haydnienne. Il dirige avec une énergie indéniable, mais le propos reste modéré, le style toujours élégant et pondéré. On pourrait préférer une interprétation un peu plus « déboutonnée », notamment dans le finale, qui manque d’électricité et d’urgence, mais il faut louer la constance de la direction du chef, et la cohérence de son approche, qui se manifeste principalement dans deux mouvements centraux absolument enchanteurs. La mise en place est encore une fois très bonne, et mis à part des cordes un peu dépassée par la célérité du finale, l’orchestre fait honneur à la partition.

Pour terminer, le motet de Haendel Zadok the priest, page composée pour le couronnement du roi George II, et aboutissement de plusieurs mois de travail pour le chœur du festival, qui réunissait plusieurs formations vocales amateurs de la région. A plus de 200, les choristes font preuve d’une étonnante finesse, d’un bel équilibre, et d’une excellente prononciation. Bien sûr, ces voix, pour la plupart âgées, n’ont pas la séduction et le brillant des chœurs professionnels, mais leur enthousiasme et leur puissance sont dignes d’admiration. Le choix de programmer ce célèbre motet est d’ailleurs judicieux, car mieux vaut une page courte et relativement simple qu’on pourra travailler en profondeur, plutôt qu’un long Messie ou un Requiem de Verdi trop ambitieux.

Un concert très convaincant donc, pour commencer notre chronique de cette nouvelle édition du Festival de Saint-Riquier.

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- Saint-Riquier
- Abbatiale
- 10 juillet 2009
- Joseph Haydn (1732-1809), Symphonie n°92 en Sol majeur « Oxford »
- Johann Sebastian Bach (1685-1750), Concerto pour violon et hautbois BWV1060
- Ludwig Van Beethoven (1770-1827), Symphonie n°1 en Ut majeur Op.21
- Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Zadok the priest
- Jane Peters, violon
- Jérôme Laborde, hautbois
- Grand Chœur du Festival de Saint-Riquier ; Chef de chœur, Luc Guilloré
- Orchestre de l’Opéra de Rouen
- Oswald Sallaberger, direction






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