ClassiqueInfo.com




L’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo à l’heure italienne

mercredi 17 décembre 2008 par Cyril Brun
JPEG - 29.2 ko
Maurizio Benini
DR

Avec ce concert du dimanche, les matinées classiques de la salle Garnier, nous ont livré un aperçu, trop bref, de la richesse des pupitres de l’Orchestre Philharmonique de Monte Carlo.

C’est ainsi que les cordes se sont largement ouvertes au public dans un répertoire qui, pour une fois, permettait aux violoncelles et aux contrebasses de sortir du simple accompagnement harmonique. Placés, du reste au cœur de l’orchestre, ils ont acquis une position à la hauteur de leur talent. Que dire alors du cor solo de l’orchestre ? À plusieurs reprises, on se surprend à dire à son voisin : « Mais quelle finesse quelle justesse ! ». Patrick Peigner donne à chaque note une dimension propre, chacune est jouée pour elle-même dans l’intelligence des autres, mais jamais perdue au milieu d’elles. Si l’on souhaiterait que les trilles soient à la hauteur de cette finesse, ce n’est pas au point d’en gâter l’audition, loin s’en faut. Il fait vivre son instrument, sa musique avec force, intelligence et émotion, au point de faire d’une chasse, une vraie chevauchée musicale. Avec de tels solistes, on comprend mieux la qualité de l’orchestre qui s’est livré avec le cor à un dialogue parfaitement équilibré et surtout sans rupture de forme. Si la sonate de Rossini était peut-être un rien trop marcato dans le deuxième mouvement, elle mettait toutefois en relief le style galant qui pouvait le rapprocher de Mozart. Mais cela n’ôta rien à l’excellence du jeu d’ensemble et à la puissance évocatrice de l’œuvre.

C’est avec la Quatrième symphonie de Mendelssohn-Bartholdy que le chef et l’orchestre livrèrent tout leur talent. Comme Patrick Peigner, les musiciens de l’orchestre dominent la musique et ne laissent pas la partition les dépasser. Chaque note est portée avec finesse et précision, chaque phrase musicale ou chaque accent prononcé est mis au service des autres phrases, des autres accents, des autres musiciens, dans les mains du chef. Si dans le premier mouvement, un léger flottement de l’entrée des flûtes a pu surprendre, l’orchestre s’est rattrapé avec la même indéfectible maîtrise. Les choix de Maurizio Benini, de marquer certains accents, de naviguer entre romantisme et classicisme (navigation compréhensible chez Mendelssohn) se sont révélés judicieux quant à l’unité d’ensemble de l’œuvre, même si l’on pouvait remarquer une certaine hésitation dans les enchaînements de thèmes du premier mouvement, tandis qu’au contraire le dialogue entre les instruments, les passages de lignes mélodiques entre eux étaient d’une parfaite fluidité, comme celle d’un même organiste passant d’un registre à l’autre. Les violons se mêlaient très bien aux trompettes dans le premier mouvement. La précision et l’unité de l’ensemble de l’orchestre se sont également déployées dans les nuances et l’harmonie des crescendos, témoins d’un orchestre qui sait et aime jouer ensemble au service de grands chefs. Ensemble, ils combinent un talent indéniable au service des compositeurs. S’il est des endroits où le public est obligé de subir un orchestre qui se contente de lui servir du médiocre en lui expliquant que c’est très bien, à Monaco, au contraire l’orchestre sait honorer et respecter son public en lui réservant la qualité comme un dû et l’excellence même parfois.

Lecteurs, artistes, éditeurs, organisateurs de concerts, notre article vous a intéressé ?
Vous désirez lâ€â„¢insérer dans votre revue de presse ?

"Nous serons ravis de le voir mentionné sur votre site internet. Vous pouvez, sans autorisation préalable de notre part, en extraire de courtes citations, à la condition expresse quâ€â„¢un lien *fonctionnel* soit fait vers notre site.

En cas de citation sur un support papier, les noms de lâ€â„¢auteur et de notre site doivent être obligatoirement mentionnés.

Pour toute précision, nâ€â„¢hésitez pas à contacter notre rédaction : richard.letawe(at)classiqueinfo.com"

- Monte-Carlo
- Salle Grimaldi
- 14 décembre 2008
- Gioacchino Rossini (1792-1868), Sonate n°6 en Ré majeur
- Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Concerto pour cor n°4 en Mi bémol majeur, KV495
- Félix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847), Symphonie n°4 en La majeur, Op.90 « Italienne »
- Patrick Peignier, cor
- Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
- Maurizio Benini, direction






Accueil | Contact | Plan du site | | icone statistiques visites | info visites 837413

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Musique symphonique   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.16 + AHUNTSIC

Creative Commons License