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L’ONL débute sa saison lilloise

jeudi 20 octobre 2011 par Richard Letawe
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Jean-Claude Casadesus ; Vanessa Wagner
Ugo Ponte © o.n.l.

L’Orchestre national de Lille inaugurait sa saison, et débutait par la même sa mini-résidence au Casino Barrière, avec ce court concert au programme très viennois, qui voyait se succéder Johan Strauss, Beethoven et Schubert.

Un mot des lieux tout d’abord, le Théâtre du Casino Barrière, qui est une salle de variétés, pas très confortable avec ses sièges fort étroits, et dont l’acoustique est plutôt confuse : les différents plans sonores de l’orchestre sont très difficiles à distinguer, les pupitres arrière étant écrasé par les cordes au premier plan. On prendra donc son mal en patience pour les prochains concerts avant de découvrir le Colisée de Roubaix à partir de janvier, et bien entendu la nouvelle disposition du Nouveau Siècle, dont la réouverture est prévue pour le début de la saison prochaine.

Pour débuter ce concert, une Ouverture de la Chauve-souris menée avec beaucoup d’entrain par Jean-Claude Casadesus, qui sait s’y montrer brillant et léger, mais sans être superficiel. L’orchestre montre de belles dispositions, avec des cordes précises, aux sonorités lumineuses et aux textures très douces.

Le hors-d’œuvre consommé, place au plat de résistance, à savoir le Concerto pour piano n°4 de Beethoven, pour lequel les choses ont malheureusement tendance à se gâter. Pas tellement pour l’orchestre, qui s’il ne réalise pas d’étincelles assure sa partie avec sérieux, mais surtout pour la soliste, Vanessa Wagner, qui jouait l’œuvre pour la première fois, et dont la prestation se révéla fort poussive. On ne peut pas nier à Vanessa Wagner sa musicalité et sa sensibilité, de même que le respect dont elle témoigne face aux textes qu’elle aborde, sans triche ni esbroufe. Néanmoins, en dehors de quelques passages auxquels la souplesse de son poignet confère une douceur et une délicatesse tout à fait louables, la plupart du temps, le jeu de la pianiste, aux phrasés lâches et sans consistance, ressemblait à un babillage inconséquent. On ne sent dès lors aucune progression dans l’œuvre ou à l’intérieur des mouvements, aucune cohérence dans la dramaturgie du discours, chaque passage semblant flotter sans rapport avec ce qui suit ou ce qui précède. Techniquement, le constat n’est pas plus convaincant : les traits les plus périlleux sont escamotés, on ne sent pas une maîtrise véritable du clavier, effleuré, et qui n’est jamais frappé à fond de ses possibilités.

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Ugo Ponte © o.n.l.

C’est avec la Symphonie n°5 qu’est clos ce concert, un beau moment, car Jean-Claude Casadesus la traite avec un esprit juvénile tout à fait bienvenu, et insuffle toute la tendresse et la poésie requises au mouvement lent. On ne peut cependant pas profiter pleinement de la qualité de cette interprétation, car l’acoustique des lieux pénalise sérieusement les musiciens : on devine plus qu’on entend les interventions des vents lors des tutti. Dans le finale du concerto déjà, les quelques phrases essentielles du violoncelle solo étaient imperceptibles, ce qui était rageant, mais dans une symphonie aussi fine, aux équilibres aussi délicats que cette Cinquième de Schubert, le handicap est presque rédhibitoire.

Espérons donc que ces problèmes de balance pourront au moins être en partie corrigés lors des prochains concerts dans cette salle, car les musiciens de l’ONL et leur chef sont lors de cette première mal payés de leurs efforts. Quant à Vanessa Wagner, reconnaissons lui que les conditions pour ses débuts dans ce concerto n’étaient pas les meilleures, et qu’une bonne pianiste, ce qu’elle à déjà largement prouvé par le passé, n’est jamais à l’abri d’un mauvais soir.

Prochains concerts de l’ONL : les 24 et 25 octobre, Liszt, Mozart et Brahms. Violon, Pavel Sporcl, direction, Roberto Minczuk

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- Lille
- Théâtre du Casino Barrière
- 10 octobre 2011
- Johann Strauss fils (1825-1899), La Chauve-souris, Ouverture
- Ludwig Van Beethoven (1770-1827), Concerto pour piano n°4 en Sol majeur Op.58
- Franz Schubert (1797-1828), Symphonie n°5 en Si bémol majeur
- Vanessa Wagner, piano
- Orchestre national de Lille
- Jean-Claude Casadesus, direction






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