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L’ONL à Cologne

jeudi 20 novembre 2008 par Richard Letawe
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Carolin Widmann
© KassKara

Un petit séjour en Allemagne nous a permis de retrouver une formation que nous avons l’habitude de pratiquer sur ses terres, l’Orchestre National de Lille, qui était invité au concert du dimanche après midi à la Philharmonie de Cologne, où il n’avait plus joué depuis 1991. Le public de ce concert est sensiblement plus clairsemé que pour la matinée du Gürzenich le même jour, mais vu l’horaire, le succès populaire est quand même assez probant pour l’orchestre nordiste.

Le programme proposé est entièrement français, et débute par La Péri de Paul Dukas, précédée par sa fanfare, dans laquelle les cuivres de l’ONL peuvent montrer l’étendue de leur délicat savoir-faire. La Péri a été récemment enregistrée par Jean Claude Casadesus et ses troupes avec un grand succès [1]. On retrouve cette expertise dans cette exécution nerveuse, fluide et légère, au cours de laquelle l’excellente acoustique de Cologne permet de profiter avec gourmandise de la superbe sonorité des cordes lilloises, au grain brillant et soyeux.

C’est ensuite à la violoniste allemande Carolin Widmann de faire son apparition pour les deux œuvres concertantes pour violon les plus célèbres de répertoire français, le Poème de Chausson et Tzigane de Ravel. Malgré son brio technique, la violoniste n’y est cependant guère convaincante : froid, raide et fonctionnel, son jeu dans Poème manque de sensibilité, d’abandon, et de… poésie, et souffre en outre d’une vilaine sonorité aigre. Tzigane est meilleur, car plus investie et enthousiaste, mais les phrasés à l’arraché, le manque d’élégance, de finesse et de distinction sont décourageants.

Ce concert en dent de scie est tout en entier consacré à Ravel en seconde partie. Après Tzigane, la Rapsodie espagnole nous vaut la meilleure partie de la soirée. Casadesus en donne une lecture vive, aux couleurs fortes et aux rythmes fermement tenus, mais qui ne manque ni de mystère ni de sensualité. Après une version aussi fine, sobre et équilibrée de cette Rapsodie espagnole, on attendait autre chose de La Valse, dont le cataclysme final fut indéniablement crédible, mais qui pour le reste fut un rare exemple de pesanteur, de tape à l’œil appuyé et de vulgarité : rythmes alanguis, gros son massif, rubato pâteux,… Un moment pénible, qui assombrit le souvenir d’un concert qui fut pourtant en partie très réjouissant. L’entreprise de séduction de l’orchestre français aura en tout cas réussi auprès du public de Cologne, fort enthousiaste au moment des saluts ; le chef flirtant même gentiment avec la porteuse du bouquet. « Ach die Fransozen ! » commentaient nos voisins…

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- Cologne
- Philharmonie
- 09 novembre 2008
- Paul Dukas (1865-1935), Fanfare pour précéder La Péri ; La Péri, poème dansé
- Ernest Chausson (1855-1899), Poème
- Maurice Ravel (1875-1937), Tzigane ; Rapsodie espagnole ; La Valse
- Carolin Widmann, violon
- Orchestre National de Lille
- Jean-Claude Casadesus, direction

[1] Un disque Naxos paru en 2005











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