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L’Italienne à Alger, Luxembourg

vendredi 27 juin 2008 par Richard Letawe
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©Elisabeth Careccio

La collaboration entre le Festival d’Aix en Provence et le Grand Théâtre de Luxembourg est régulière. Elle a donné en début de saison la reprise très réussie des Noces de Figaro, avant cette Italienne à Alger, dernière affiche avant la pause estivale.

La production repose sur un décor unique, une structure en bois qui occupe l’essentiel de la scène, et fait office selon la disposition des tentures et des accessoires, de minaret, de galère, d’appartement, de salle du conseil,… Cette construction peut paraître un peu étroite par moments, mais elle est efficace et pratique, et permet beaucoup de mouvements à l’intérieur ainsi que alentour, sur la scène. A part cela, la mise en scène est traditionnelle, plutôt bien réglée, et suit le livret. On regrettera cependant un jeu d’acteurs assez stéréotypé et redondant : Mustapha qui n’a qu’une seule expression scénique est par exemple assez fastidieux à regarder.

Malgré sa jeunesse, la distribution est déjà très expérimentée dans cette œuvre : Marco Vinco était le Mustafa lors de la création de la production à Aix (sortie en DVD chez BelAir imminente), et a tenu le même rôle à Pesaro immortalisé en DVD par Dynamic), tout comme Maxim Mironov, Lindoro à Aix et Pesaro lui aussi. Pour Isabella, c’est Marianna Pizolatto qui était prévue initialement, mais elle est finalement remplacée par Barbara di Castri.

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©Elisabeth Careccio

Marco Vinco n’est pas le Mustafa idéal, trop fruste techniquement, voix manquant d’ampleur et de moelleux, vibrant beaucoup. Ses défauts sont cependant moins criants en direct que sur enregistrement, son abattage masquant une partie des problèmes de cette voix rêche.

Maxim Mironov est décidément une des perles de la nouvelle génération ; déjà le meilleur atout du DVD de Pesaro, il confirme sur scène toutes ses qualités : pureté du style, vocalisation virtuose, émission assurée et bien dans le masque, maîtrise dynamique. Reste encore un léger déficit d’implication, quelques aigus un rien escamotés, mais ce n’est que peu de chose au regard de la plénitude que dégage son chant.

Avec Barbara di Castri, on entend une Isabella à la belle prestance, dramatiquement convaincante : un peu distante, l’air désinvolte comme l’indique le livret, mais au chant perfectible. Il lui manque un peu de projection, de souffle, de sûreté dans les vocalises, une intonation plus constante, mais malgré cela, la beauté du timbre, et l’interprétation pleine de caractère rendent cette italienne attachante.

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©Elisabeth Careccio

Les plus petits rôles sont dans l’ensemble bien distribués, avec l’excellent Haly de Vittorio Prato, bien chantant et plein d’autorité, le Taddeo burlesque de Jose Julian Frontal, et une Zulma fort digne. La seule à décevoir est Elisaveta Martirosyan, pépiante et stridente Elvira.

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©Elisabeth Careccio

Finalement, la contribution la moins satisfaisante à cette soirée vient de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, avare de couleurs, aux vents un peu aigres, placé sous la direction bien lourde et bien peu mobilisatrice de Hubert Soudant. La représentation reste malgré cela une belle réussite, très largement saluée par un public qui était venu en nombre pour cette dernière soirée lyrique de la saison luxembourgeoise. Les premières productions de la future saison seront Porgy and Bess en octobre, puis Il Giustino de Giovanni Legrenzi.

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- Luxembourg
- Grand Théâtre
- 10 juin 2008
- Gioacchino Rossini (1792-1868), L’Italiana in Algeri. Dramma giocoso en deux actes sur un livret de Angelo Anelli.
- Mise en scène, Toni Servillo ; Scénographie, Daniela Dal Cin ; Costumes, Ortensia De Francesco ; Lumières, Pasquale Mari
- Barbara di Castri, Isabella ; Maxim Mironov, Lindoro ; Marco Vinco, Mustafa ; Vittorio Prato, Haly ; Jose Julian Frontal, Taddeo ; Elisaveta Martirosyan ; Sabina Willeit, Zulma
- Coro Per La Lirica Toscana. Chef des chœurs, Rosalba Mancini
- Orchestre Philharmonique du Luxembourg
- Hubert Soudant, direction






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