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L’Ensemble Orchestral de Paris invite Masaaki Suzuki, Renaud Capuçon et Antoine Tamestit

mercredi 26 mai 2010 par Madeleine Stempin
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Masaaki Suzuki
© Marco Borggreve

Quant le Théâtre des Champs-Élysées reçoit deux des plus jeunes, des plus talentueux et des plus célèbres solistes français, c’est assurément pour un concert haut en couleurs. Antoine Tamestit à l’alto et Renaud Capuçon au violon sont venus rejoindre l’Ensemble Orchestral de Paris dirigé par Masaaki Suzuki pour nous offrir leur version de la fameuse Symphonie Concertante de Mozart.

Tout d’abord, l’Ouverture de Don Giovanni. Masaaki Suzuki et l’orchestre présentent une interprétation fidèle aux canons du style classique : propreté, légèreté et équilibre, tout est là. Pourtant, on sent les musiciens frileux, loin de la puissance dramatique propre à cette musique.

Antoine Tamestit, armé de son Stradivarius et Renaud Capuçon de son Guarneri del Gesu, font ensuite leur entrée tant attendue. L’orchestre est enfin réveillé, la Symphonie Concertante peut commencer. Dès les premières notes, on sent une grande symbiose entre les solistes, l’orchestre et le chef. Mazaaki Suzuki se laisse très souplement guider par les solistes afin de les laisser libres de s’exprimer sur de magnifiques couleurs orchestrales. Les solistes ne manquent pas de faire leur cinéma mais tant qu’ils ont le talent tout est permis ! Renaud Capuçon ne déçoit pas et offre un violon à la hauteur de sa réputation. Son timbre est admirablement clair et porte très facilement. Renaud Capuçon a aussi cette manière particulière d’habiter son jeu, de prononcer chaque note, de sorte qu’il tient l’auditoire en haleine d’un bout à l’autre de chacune de ses répliques.

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Renaud Capuçon
DR

Antoine Tamestit est quant à lui le témoin le plus actuel de la qualité désormais incontestable de l’alto français. Il prouve que l’alto est capable d’être tout aussi agile et tout aussi fin que le violon. Il a cette ampleur du geste et cette qualité de son extraordinaire qui, loin de toute lourdeur, révèle un alto doux, léger. Antoine Tamestit représente enfin l’image d’un alto libéré de tout a priori, de tout complexe, d’un alto qui sait se mettre en valeur sur scène. Cependant, on peut regretter que la puissance sonore de l’altiste reste toujours en dessous de celle du violoniste. Le Stradivarius serait-il de ceux qui aiment se faire désirer ? Malgré cette petite inégalité, davantage de l’ordre du volume que de la qualité, les solistes sont parfaitement à l’aise et épanouis dans cette pièce. Quelques très beaux moment sont à relever, tels que les tutti orchestraux riches de passion, les cadences solistes extrêmement bien menées, et surtout le second mouvement où le temps s’arrête quelques minutes. Alors, cette interprétation apparaît comme une grande réussite, acclamée à sa juste valeur par le public. La finesse musicale des solistes ainsi que leur façon de renouveler la lecture de cette oeuvre avec beaucoup de fraîcheur et de bon goût est à l’image de la jeune génération d’interprètes, bien consciente qu’il faut aujourd’hui donner un nouveau souffle à la musique savante.

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Antoine Tamestit
DR

Après l’entracte, Masaaki Suzuki et l’EOP se lancent dans la Sinfonia n°5 de C.P.E. Bach. Le chef confère à cette musique une énergie, une dynamique et une émotion surprenantes. Oubliés le vibrato et les tenues de son, cette interprétation baroquisante puise son caractère dans les attaques, les vitesses d’archet et les contrastes de dynamiques. Cette version s’impose donc comme une vraie proposition d’interprétation.

Pour conclure, la Sinfonia n°8 de Mendelssohn. Encore une fois l’orchestre y fait preuve d’une énergie très agréable. L’ensemble de la symphonie reste fidèle à ce style cohérent, jamais trop romantique. La masse orchestrale est bien équilibrée quoique l’harmonie aurait peut-être gagné à paraître moins molle par rapport aux cordes. Le second mouvement fait la part belle à l’alto, mais les trois altistes tuttistes qui chantent le thème ne sont malheureusement pas à la hauteur de nos espérances. Peureux, ils ne s’investissement jamais complètement dans leurs phrases et leurs sons restent beaucoup trop hésitants voire grelottant. Heureusement cet épisode moins flatteur se fait rapidement oublier avec les deux mouvements qui suivent, vaillamment menés.

L’Ensemble Orchestral de Paris sera aux Flâneries musicales de Reims le 25 juin et le 21 juillet prochains.

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- Paris
- Théâtre des Champs-Élysées
- 18 mai 2010
- Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Ouverture de Don Giovanni ; Symphonie concertante en Mi bémol majeur KV364
- Carl Philip Emmanuel Bach (1714-1788), Sinfonia n°5 en si mineur
- Felix Mendelssohn (1809-1847), Sinfonia n°8 en Ré majeur
- Renaud Capuçon, violon
- Antoine Tamestit, alto
- Ensemble Orchestral de Paris
- Masaaki Suzuki, direction






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