ClassiqueInfo.com




L’Elisir d’Amore au Metropolitan Opera

jeudi 16 avril 2009 par Pierre Brévignon
JPEG - 29.1 ko
© Marty Sohl/ Metropolitan Opera

La tournure préoccupante prise par la carrière de Rolando Villazón, ogre des scènes lyriques internationales depuis plusieurs saisons, a trouvé une nouvelle illustration avec l’annulation de sa prestation en Nemorino le soir du 8 avril.

Remplaçant Rolando Villazón au pied levé, l’Anglais Barry Banks avait fort à faire – et, à notre grande surprise, il le fit fort bien. Autant son interprétation d’Elvino dans la Sonnambula la semaine précédente nous avait laissé sur notre faim, autant cet Elisir d’Amore haut en couleurs a mis en évidence la présence scénique et vocale impressionnante du ténor. Certes, son timbre reste étroit, engoncé dans un nasillement peu flatteur ; certes, on peut trouver fatigant son vibrato permanent, mais sa diction, son agilité et sa tenue de note demeurent exemplaires. À défaut d’enthousiasmer par la beauté de son chant, son Nemorino s’impose par une vis comica qui n’a rien à envier à celle de son homologue mexicain (d’aucuns, dont nous sommes, préfèreront même sa jovialité bonhomme, nettement moins grimaçante) et par une certaine finesse pour caractériser les aspects plus pathétiques ou émouvants de son personnage (son « Una furtiva lagrima » reste le grand moment de cette soirée, avec l’époustouflant finale de l’Acte I).

JPEG - 30.9 ko
© Marty Sohl/ Metropolitan Opera

Face à lui, Angela Gheorgiu paraît tout aussi investie dans son personnage, et campe une Adina fausse ingénue mais vraie capricieuse, minaudant à merveille dans le « récit d’Iseult », livrant un frémissant « Chiedi all’aura lusinghiera » avec Banks, touchante enfin dans le « Prendi, per me sei libero » de l’Acte II. Impériale dans les multiples « figures imposées » de sa ligne de chant, elle parvient même à y insuffler une musicalité qui donne à la moindre vocalise sa justification mélodique.

Autour du couple vedette, un autre duo brûle les planches : le Dottore Dulcamara de Simone Alaimo, grand Mamamouchi de la charlatanerie pharmaceutique, et le matamore Belcore, accompagné de son cortège de soldats à tromblon. Les deux barytons font valoir de belles couleurs et un abattage « hénaurme », et ce dès leurs deux arias introductives. Par chance, la mise en scène de John Copley n’en rajoute pas dans le registre de la bouffonnerie : évoluant dans un décor pastel comme colorié à la craie par une main enfantine, les personnages s’en tiennent à un jeu somme toute assez sobre, réservant l’essentiel de leur verve comique à leur prestation vocale - tout au plus déplorera-t-on les pitreries usées émaillant les apparitions du chœur.

JPEG - 36.4 ko
© Marty Sohl/ Metropolitan Opera

Au tomber de rideau, les ovations du public s’adressaient à part égale aux quatre solistes de la soirée et au chef d’orchestre, dont la direction hédoniste rendait parfaitement justice aux multiples splendeurs de la partition.

Lecteurs, artistes, éditeurs, organisateurs de concerts, notre article vous a intéressé ?
Vous désirez lâ€â„¢insérer dans votre revue de presse ?

"Nous serons ravis de le voir mentionné sur votre site internet. Vous pouvez, sans autorisation préalable de notre part, en extraire de courtes citations, à la condition expresse quâ€â„¢un lien *fonctionnel* soit fait vers notre site.

En cas de citation sur un support papier, les noms de lâ€â„¢auteur et de notre site doivent être obligatoirement mentionnés.

Pour toute précision, nâ€â„¢hésitez pas à contacter notre rédaction : richard.letawe(at)classiqueinfo.com"

- Gaetano Donizetti (1797-1848), L’Elisir d’Amore
- Mise en scène, John Copley ; Décors et costumes, Beni Montresor ; Lumières, Gil Wechsler
- Angela Gheorgiu, Adina ; Barry Banks, Nemorino ; Simone Alaimo, Dottore Dulcamara ; Franco Vassallo, Belcore ; Ying Huang, Gianetta
- The Metropolitan Opera Orchestra and Chorus
- Maurizio Benini, direction






Accueil | Contact | Plan du site | | icone statistiques visites | info visites 812897

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Opéra   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.16 + AHUNTSIC

Creative Commons License