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L’Auditorium de Dijon n’a pas brûlé

mercredi 25 janvier 2012 par Nicolas Mesnier-Nature
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Jean-Claude Casadesus
Ugo Ponte © o.n.l.

Bartók et Dvořák : voilà une association qui a de quoi surprendre, malgré leurs racines en Europe centrale. Mais qui se comprendra du fait que la présence du premier s’inscrit dans un grand cycle de concerts thématiques intitulés les « bartokiades » élaboré au cours de la saison 2011-2012 à Dijon. Un jeune pianiste premier prix du concours Reine Élisabeth 2010, le russe Denis Kozhukhin accompagné par le mieux renommé Jean-Claude Casadesus à la tête de son Orchestre National de Lille.

La partie la plus convaincante de ce concert restera peut-être les Deux Images pour orchestre. Ce ne sont pas les pages les plus connues de Bartók et les références n’abondant pas en la matière, nous y trouverons moins de quoi critiquer. Pour un compositeur encore à ses débuts, sorte de dernières œuvres de jeunesse. La fluidité de En pleine fleur, proche d’un certain Debussy à la populaire et énergique Danse villageoise, le chef permet à son orchestre de se « chauffer » par une mise en oreille attrayante.

Le premier plat de résistance commence par le Concerto pour piano n°3 de Bartok. Un tout jeune interprète confronté à un dirigeant et son orchestre s’entendant comme larrons en foire depuis trente six ans. On l’a souvent dit, ce concerto n’est pas le plus difficile du maître hongrois, bien que la « facilité » chez Bartók soit toute relative. Mais les audaces qui insufflèrent les deux premières partitions du genre ont ici quasiment disparu. Les clés du Concerto n°3 sont la clarté structurelle, la transparence et une certaine quiétude dans l’expression. Trouvera-t-on ces éléments réunis avec Kozhukhin et Casadesus ? Dans un sens oui, et presque par défaut : une prudence de part et d’autre dont il est difficile de déterminer l’origine, mais qui réussit de manière quasiment involontaire à en faire une version convaincante. Mais un défaut majeur viendra plomber tout le concert : la trop grande puissance des percussions et des cuivres (surtout les trombones) qui couvriront systématiquement le piano, inaudible en bien des endroits. Lorsque l’orchestre se calme, notamment le second mouvement, tout s’éclaire et satisfait.

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Denis Kozhukin
Ugo Ponte © o.n.l.

Dans la célèbre Symphonie n°9 de Dvořák, l’affaire n’est pas la même. Face à d’inoubliables et indétrônables tchèques dans ce répertoire qui leur appartient définitivement, l’orchestre français peinera à trouver une voie fiable et bien typée. Ni lyrisme ostentatoire (tant mieux), ni noirceur intempestive (tant mieux ?), ni folklorisme hors-sujet (tant mieux !), Jean-Claude Casadesus joue, sans arrière-pensées, et à la française. Il a pour lui de très bons solistes dans l’harmonie, mais toujours ces intempestives timbales et ces cuivres beaucoup trop forts qui viennent gâcher l’équilibre sonore général. Même les basses aux cordes auront du mal à se faire entendre à certains moments. Les personnes sensibles à la gestuelle des chefs s’interrogeront également sur des gesticulations parfois inutiles et le lien ténu entre ce que l’on voit et ce que l’on entend.

Globalement, la déception n’est pas au rendez-vous, mais un certain aspect plutôt banal et très premier degré de tout le concert ne manquera pas d’être remarqué.

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- Dijon
- Auditorium
- 15 janvier 2012
- Béla Bartók (1881-1945), Deux images pour orchestre op.10 ; Concerto pour piano n°3
- Antonin Dvořák (1841-1904), Symphonie n°9 en mi mineur op.95
- Denis Kozhukhin, piano
- Orchestre National de Lille
- Jean-Claude Casadesus, direction






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