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L’Arbre des songes par l’Orchestre National de Lille

lundi 21 décembre 2009 par Richard Letawe
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Akiko Suwanai
© Martin Richardson

Trois œuvres sont au programme de ce concert de l’Orchestre National de Lille dirigé par Michael Stern : le Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy, les Danses symphoniques de Rachmaninov, et l’Arbre des songes, le concerto pour violon de Henri Dutilleux.

Il ne doit pas être si courant qu’un fils dirige une œuvre dont son père a assuré la création. C’est le cas au concert de ce soir, puisque c’est Isaac Stern, le père de Michael, qui fut le dédicataire et créateur du concerto de Dutilleux en 1985, accompagné par l’Orchestre National de France et Lorin Maazel. Depuis lors, ce concerto s’est fait une place au répertoire, et est joué par nombre de grands violonistes français, mais aussi par quelques solistes internationaux.

L’Arbre des songes n’est pas un concerto à la manière traditionnèle : violon et orchestre y sont unis de façon très étroite, dépendant l’un de l’autre, jouant parfois les mêmes notes. La construction et très spéciale : en quatre mouvements réunis l’un à l’autre par des interludes orchestraux, dont le troisième et dernier est l’accord de l’orchestre autour du hautbois, comme en prélude d’un concert, idée très « haydnienne », mais faisant un effet très poétique plutôt qu’humoristique. L’orchestration est une véritable splendeur, avec des pupitres de cuivres et de percussions fournis, mais très délicatement utilisés, un piano, qui déjà apporte une touche de grâce, et surtout un cymbalum, dont l’effet, très justement calculé, est céleste et enchanteur.

Pour le jouer ce soir, la violoniste japonaise Akiko Suwanai, qui donne de cette fascinante partition une version magnifique, conjuguant sensibilité, élégance et maîtrise instrumentale, et laissant une impression de magie, de liberté et de poésie. A part un hautbois d’amour assez emprunté, la réponse de l’orchestre, clair et brillant, est admirable, donnant sous la direction précise et lente de Michael Stern des interludes somptueux.

Cet Arbre des songes était tout à fait digne de succéder à une très belle version du Prélude à l’après-midi d’un faune, auquel les brillantes couleurs, la souplesse et la sensualité des solistes de l’ONL, cor, hautbois, violon, flûtes, clarinette, donnaient un éclat et un naturel tout à fait judicieux. Délicat, précis, chaleureux, Michael Stern y confirme ses affinités avec le répertoire français.

En deuxième partie, Rachmaninov, compositeur assez largement programmé cette saison à Lille, dont les Danses symphoniques peinent un peu à convaincre, du moins dans un premier mouvement chatoyant et subtil, mais un peu trop rutilant, manquant un peu de punch, de sécheresse et de précision dans l’articulation, et dont les passages nostalgiques, assez plats, n’évoquent pas grand chose. Les choses s’arrangent cependant dans la valse- même si le hautbois et le cor anglais y sont parfois assez raides- car le chef y communique l’expression juste, élégante et désabusée, à l’orchestre. Le dernier mouvement est lui aussi très réussi : mordant, fantasque et tragique, il permet à tous les pupitres de se mettre en valeur sous la direction acérée d’un Michael Stern encore une fois très sûr de ses effets.

Le premier chef invité de l’ONL reviendra à Lille fin janvier pour la Symphonie n°1 de Mahler. Quant à l’orchestre, il sera placé entre-temps sous la direction de Peter Guth pour les concerts de Noël, puis il retrouvera Jean-Claude Casadesus début janvier pour la suite de L’oiseau de feu, Ma mère l’Oye et le concerto pour violon de Beethoven.

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- Lille
- Nouveau Siècle
- 11 décembre 2009
- Claude Debussy (1862-1918), Prélude à l’après-midi d’un faune
- Henri Dutilleux (né en 1916), Concerto pour violon et orchestre « L’Arbre des songes »
- Serge Rachmaninov (1873-1943), Danses symphoniques Op.45
- Akiko Suwanai, violon
- Orchestre National de Lille
- Michael Stern, direction











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