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Krystian Zimerman à Amiens

vendredi 6 juin 2008 par Richard Letawe
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Krystian Zimerman
©Kasskara/DG

La saison musicale de la Maison de la Culture d’Amiens est plutôt riche et diverse, avec les concerts en résidence de l’Orchestre de Picardie, et des invitations de haut niveau. Cette année, le public picard a ainsi pu entendre l’English Chamber Orchestra, le Quatuor Prazak, Thomas Dausgaard et l’Orchestre National du Danemark, Bruno Leonardo Gelber, Christian Zacharias et le Philharmonique de Radio France. Un cran au dessus de toutes ces belles affiches cependant, la venue de Krystian Zimerman, était le grand événement de la saison. Bel accomplissement que de faire venir un pianiste de cette trempe dans une ville de cette taille, son portrait était d’ailleurs largement affiché le long des rues.

Il semble que Zimerman va jouer le même programme tout au long de sa tournée, qui a fait étape à Toulouse, et passera par Paris et Bruxelles. Celui-ci débute par la Partita en ut mineur de Bach. Zimerman aborde l’œuvre avec une hauteur de vue impressionnante, un ton noble et une autorité rigoureuse. Cette austérité est d’ailleurs renforcée par une sonorité très légère, presque émaciée, et il faut une concentration maximale pour pleinement apprécier le sens architectural du pianiste, ainsi que sa rythmique très précise.

Après un changement de clavier effectué en un instant par son accordeur, Krystian Zimerman revient sur scène pour la sonate Opus 111 de Beethoven. Cette sonate s’avère être la partie la plus faible de ce récital, du moins dans son volet initial. Celui-ci est caractérisé par un son manquant de densité, à l’échelle dynamique trop courte, par une atmosphère sans passion, et par un brio factice et peu investi. Le deuxième mouvement est tout à fait différent : plus libre et plus souple, le pianiste y fait sonner son instrument, et le chant est moins corseté et étriqué, dispensant l’apaisement et l’émotion et faisant preuve d’une réelle éloquence.

Ce récital est décidément plein de contrastes, après un Bach très cérébral et un Beethoven un peu controuvé, on retrouve un Krystian Zimerman détendu et amène dans des Klavierstücke Opus 119 de Brahms classiques et purs, au chant décanté et sans affectation. Tendre et pudique, très posé dans l’Intermezzo en si mineur, le pianiste offre une interprétation d’anthologie de l’andantino en mi mineur, caractérisant magnifiquement ses différents épisodes, et jouant avec grandeur et lyrisme. Pour finir, la Rhapsodie en Mi bémol majeur est puissante, logique et nécessaire, magnifiquement timbrée. Du grand piano, qui se prolonge avec la dernière pièce du programme, les Variations sur un thème populaire de Szymanowski, qui peuvent être parfois lourdes et bruyantes sont ici enlevées avec panache et énergie, sans grandiloquence, par un pianiste au jeu souple et précis, qui fait sonner son instrument avec force et couleurs.

Alors que le public avait été plutôt dubitatif dans la première partie [1], cette fin de récital est saluée par un triomphe, que le pianiste accueille simplement, et avec reconnaissance. Pas de bis malgré les rappels, Zimerman préférant avec raison nous laisser sur l’émerveillement dispensé par sa maîtrise de Brahms et Szimanowski.

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- Amiens
- Maison de la Culture
- 29 mai 2008
- Johann Sebastian Bach (1685-1750), Partita n°2 en ut mineur BWV 826 ; Ludwig Van Beethoven (1770-1827), Sonate n°32 en ut mineur op.111 ; Johannes Brahms (1833-1897), Klavierstücke Op.119 ; Karol Szymanowski (1882-1937), Variations sur un thème populaire en si mineur Op.10
- Krystian Zimerman, piano

[1quelques conversations, entendues à l’entracte étaient assez mitigées, pas toujours pour les mêmes raisons d’ailleurs






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