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Kodaly, Jongen et Zemlinsky par l’ONB, le concerto de Brahms par Vadim Repin

lundi 1er février 2010 par Richard Letawe
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Vadim Repin
© Mat Hennek / DG

Remplir le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles un dimanche avec un programme comportant des œuvres de Jongen, de Zemlinsky et de Kodaly n’était pas gagné d’avance. Pour ce faire, l’Orchestre National de Belgique a reçu l’aide de Vadim Repin, venu jouer le concerto pour violon de Brahms, de quoi vendre n’importe quel programme a priori difficile du point de vue commercial.

Avant d’évoquer ce superbe programme pour amateur de raretés, évacuons donc d’abord sa pièce de résistance, ce concerto de Brahms où Vadim Repin ne nous a semblé ni convaincant ni tout à fait convaincu. Le grand soliste a paru hésiter, oscillant durant toute sa prestation entre rigueur et fantaisie, entre sérieux et inspiration, entre lyrisme et monotonie.

On entend ainsi un premier mouvement très étrange, marqué après une introduction orchestrale bien travaillée, par une entrée peu affirmée du soliste, qui émet un son brillant, mais très curieusement privé de grave. Cette impression de son « hémiplégique » s’estompe par la suite, mais le mouvement reste peu convaincant, par la faute de phrasés raides, maussades et machinaux, et par une absence résolue de lyrisme de la part du soliste. On ne sent en fait de véritable investissement de sa part qu’à la toute fin de ce mouvement, après l’extravagante cadence Heifetz, où il fait en fin preuve de légèreté et de sensibilité, et donne une marge de liberté à son interprétation.

Froideur et raideur sont encore les mots qui viennent à l’esprit au moment d’évoquer l’adagio, où Vadim Repin continue à évoluer avec l’indifférence de quelqu’un qui joue dans sa bulle, jamais inspiré par le climat pourtant chaleureux, au charme très viennois, qu’imprime Walter Weller à l’orchestre. Grâce à quelques passages d’une virtuosité impressionnante, où la patte du violoniste se fait enfin sentir, le finale soutient mieux l’intérêt, même si certains phrasés sentent encore la routine, avec quelques traits où l’archet n’est pas d’une sûreté totale. Correctement mené, mais sans beaucoup de panache, ce finale vient clore une prestation triste et décourageante, bien loin de ce qu’on peut attendre d’un musicien tel que Vadim Repin, qui nous a offert il y a peu des émotions autrement plus marquantes.

Avant ce concerto, le concert débutait par les Impressions d’Ardennes de Joseph Jongen, œuvre que l’ONB défend consciencieusement, l’ayant enregistrée en complément du Concerto pour violoncelle de même compositeur (disque Cyprès 1634). C’est une très belle œuvre, basée sur des thèmes populaires wallons, à l’orchestration raffinée, assez proche du style d’un Vincent d’Indy, dont les Jours d’été à la montagne semblent avoir inspiré Jongen, on peut trouver pire veine que celle-là. En dépit d’une exécution où l’ONB montre de nobles qualités, ces Impressions au style peut-être trop discret et dépouillé pour éblouir les foules, ne recueillent malheureusement que de courts applaudissements de la part du public.

Celui-ci se montre plus juste dans son accueil des deux pièces de la seconde partie, avec tout d’abord une Sinfonietta de Zemlinsky excellemment exécutée, où Walter Weller se distingue par la netteté de la pulsation de sa battue, et par la vigueur de ses tempi. L’ONB est en pleine forme dans ce programme, les solos instrumentaux sont particulièrement vaillants, et la concentration des cordes dans le volet central est remarquable.

Pour terminer, la Suite Hary Janos de Kodaly, plus connue, mais pas franchement courante dans les programmes de nos orchestres, peut-être à cause de son instrumentarium très divers, dont un cymbalum, qui sonne ici extrêmement bien. Version idéale que celle de Walter Weller, qui maîtrise à merveille ce langage, et exalte les rythmes saillants, les fortes couleurs et l’ironie truculente de cette œuvre de parade.

L’orchestre est plein de vie et parfaitement préparé- comme durant tout ce concert d’ailleurs. Tous les pupitres s’engagent à fond dans la partition, et sont tous à féliciter, avec une mention spéciale pour des cors virtuoses, pour cette prestation très réjouissante, qui confirme la parfaite entente qui règne entre Wlater Weller, à l’allure débonnaire, mais qui est un chef exigeant et acéré, et la formation belge.

Walter Weller et l’ONB joueront le 06 juillet prochain aux Flâneries musicales de Reims.

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- Bruxelles
- Palais des Beaux-Arts
- 24 janvier 2010
- Joseph Jongen (1873-1983), Impressions d’Ardennes Op.44
- Johannes Brahms (1833-1897), Concerto pour violon en Ré majeur Op.77
- Alexander von Zemlinsky (1871-1942), Sinfonietta Op.23
- Zoltan Kodaly (1882-1967), Hary Janos Suite
- Vadim Repin, violon
- Orchestre National de Belgique
- Walter Weller, direction











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