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Lille

Kees Bakels

Orchestre National de Lille
dimanche 11 novembre 2007 par Richard Letawe
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Kees Bakels
DR

Quelques jours après avoir terminé son intégrale des symphonies de Brahms, l’Orchestre National de Lille continuait d’arpenter le répertoire germanique, en programmant pour ce concert le concerto pour violon de Beethoven, qu’il joue très souvent comme la plupart des orchestres, et la symphonie n°3 de Bruckner, un compositeur que l’ONL aborde rarement.

Pour diriger ce concert, Kees Bakels, que nous avions entendu avec plaisir il y a deux ans dans un concert à Berlaimont, et dont la carrière discographique se poursuit de belle manière, notamment dans Lalo, et Rimsky-Korsakof.

Sa direction dans le concerto de Beethoven est compétente et sans accroc, mais aussi quelque peu agaçante, car trop insistante dans sa manière de vouloir faire un sort à chaque note, compliquant les phrasés, et morcelant la ligne. Au violon, Augustin Dumay est lui aussi auteur d’une prestation assez étrange, avec un début très scabreux, pas en rythme et pas très juste. Il se rattrape cependant assez vite dans ce premier mouvement, et ces petites scories techniques sont vite oubliées, car Augustin Dumay touche juste, et chante ce concerto d’une façon très personnelle. Ce mélange de fragilité, d’élégance et de lyrisme est tout particulièrement appréciable dans le larghetto, dans lequel sa sonorité ensoleillée fait merveille. Quel dommage qu’il force ensuite le ton en adoptant un jeu aussi musclé et rugueux dans le finale, qu’il rend nerveux et instable, et déséquilibre une prestation jusque là assez convaincante.

Après la pause, l’ONL s’attaque à la monumentale troisième de Bruckner. Mené par un chef très compétent dans ce répertoire, et à la technique de direction qu’on pourrait qualifier de didactique, l’orchestre se comporte de manière très honorable. Bien sûr, on n’est pas ici au niveau de perfection qu’atteignait le Concertgebouw dans la même œuvre quelques jours plus tôt à Bruxelles, mais il faut souligner la cohésion de l’ensemble, son application, et un engagement qui ne faiblit pas. Les cordes sont belles, brillantes et soyeuses, même si elles manquent de densité, et les vents assurent leur partie avec justesse et finesse. Les cuivres sont un peu fluctuants, mais plus en forme que durant le cycle Brahms, et le tout forme un ensemble de bon niveau. Bakels donne de cette symphonie une version fluide, lyrique et colorée, et n’hésite pas à prendre des risques, en bousculant parfois les rythmes, et en accentuant les contrastes de tempo. Seul le mouvement lent est moins convaincant, assez maniéré et trop complaisant, mais le reste est engagé, incisif et très convaincant. Le succès public est au rendez-vous : le concerto de Beethoven est ovationné, ce qui est un peu forcé, et Bruckner semble avoir passionné le public : auditoire très attentif et triomphe lors des saluts.

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