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Juventus 2010 : Amandine Beyer et Gli Incogniti

vendredi 9 juillet 2010 par Richard Letawe

Parmi la petite centaine de lauréats de Festival Juventus depuis vingt ans, les « baroqueux » sont en nombre assez modeste. Ils seront pourtant bien présents lors de cette édition anniversaire où trois concerts leur sont consacrés, dont le concert d’ouverture, où nous entendions ce vendredi Amandine Beyer et son ensemble Gli Incogniti.

Nous n’avons pas de chance avec Amandine Beyer. A chaque fois que nous avons l’occasion de l’entendre, les conditions sont très difficiles. Il y a quelques semaines au Festival les Violons de la Paix de Boulogne-sur-Mer, il faisait un froid de canard ; aujourd’hui à Cambrai c’est la canicule, qui dilate les cordes en boyaux, et rend la justesse des instruments anciens très aléatoire, en plus de l’épuisement et de la déconcentration qu’induit presque nécessairement la chaleur étouffante, sur les musiciens mais aussi sur le public.

Les Quatre saisons en souffrent beaucoup, Amandine Beyer luttant contre son instrument, et semblant régulièrement surprise par ses réactions et ses stridences intempestives. Il ne nous semble donc pas très utile de détailler cette partie du concert : les intentions des musiciens étant admirables, mais la poésie champêtre et le charme de cette interprétation sont contrecarrés par la précarité des conditions.

Ceci étant, en première partie, lorsque le violon n’agit pas en soliste, ces problèmes se font beaucoup moins sentir, et on peut apprécier alors toute la qualité d’interprétations vraiment savoureuses. Le concert débute donc par un très beau Concerto pour flûte traversière en la mineur, au style souple et à l’élégance décontractée, dans lequel on admire l’équilibre parfait existant entre les groupes instrumentaux, le naturel des phrasés, la subtilité des nuances et la beauté des sonorités. Le soliste Manuel Granatiero est un poète sensible doublé d’un technicien exemplaire : le souffle est constant et superbement maîtrisé, la projection excellente, la sonorité duveteuse.

Le Concerto ripieno RV114 a les mêmes vertus de souplesse, de grâce et de naturel, où rien n’est forcé ou surjoué. Enfin, pour terminer cette première partie, le Concerto pour traverso en mi mineur, dans lequel Manuel Granatiero s montre encore très inspiré, brillant technicien, et même excellent compositeur, puisque c’est lui qui a complété ce cocnerto dont le mouvement lent a été perdu. Pleine de tendresse, sa composition épouse le style avec beaucoup d’habileté, au point qu’on aurait bien du mal à la différencier du reste, et s’insère parfaitement dans ce concerto qui constitue le premier moment de grâce de cette édition du Festival Juventus.

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- Cambrai
- Théâtre municipal
- 02 juillet 2010
- Antonio Vivaldi (1678-1741), Concertos pour traverso en la mineur RV440 et en mi mineur RV431 ; Concerto ripieno en Ut majeur RV114 ; « Le quattro stagioni » : Concertos pour violon en Mi majeur Op.8 n°2 RV269 « La primavera », en sol mineur Op.8 n°2 RV315 « L’estate », en Fa majeur Op.8 n°3 RV293 « L’autunno », en fa mineur Op.8 n°4 RV297 « L’inverno »
- Manuel Granatiera, traverso
- Gli Incogniti
- Amandine Beyer, violon et direction











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